Le projet devait offrir de nouveaux équipements aux clubs sportifs de Figeac. Mais lundi 1er juin, le conseil municipal a officiellement enterré le complexe sportif prévu à Panafé. Entre contraintes budgétaires, inquiétudes des associations et affrontement politique, le dossier divise profondément la ville.
Le dossier Panafé est devenu l’un des premiers grands sujets explosifs du nouveau mandat municipal à Figeac. Lundi soir, lors du conseil municipal, la majorité menée par Philippe Landrein a officiellement acté l’abandon du projet de complexe sportif prévu sur les hauteurs de la ville.
À la place, la municipalité souhaite désormais privilégier la rénovation des équipements existants et lancer une étude de faisabilité pour aménager un terrain synthétique au stade du Calvaire-Marcel-Costes. Une décision qui provoque déjà de fortes réactions dans le monde sportif local.
Un projet à près de 9 millions d’euros
Le complexe sportif de Panafé devait répondre aux difficultés rencontrées par plusieurs clubs figeacois, notamment pour les sports en salle. Selon les chiffres présentés pendant le conseil municipal, les infrastructures sportives de la ville accueillent près de 900 pratiquants licenciés dans les principaux clubs concernés. Le projet avait fait l’objet de plusieurs années d’études et de concertation.
En juin 2025, le précédent conseil municipal avait validé les grandes orientations du futur équipement avec un coût global estimé à environ 8,9 millions d’euros hors taxes. Le Grand Figeac devait également intervenir dans le cadre d’une délégation partielle de maîtrise d’ouvrage. Mais depuis, le contexte financier s’est fortement tendu.
« On n’a pas les moyens »
Face aux critiques, le maire Philippe Landrein assume totalement ce revirement. Durant les débats, il a expliqué que la ville n’était plus en capacité de financer un projet aussi important. Le maire met notamment en avant la baisse des recettes de l’État, les dépenses imprévues découvertes depuis le début du mandat et l’état de certains équipements existants qui nécessitent déjà des investissements lourds.
« Ce projet avait du sens », a-t-il reconnu devant le conseil municipal, tout en affirmant que la prudence budgétaire devait désormais primer. La municipalité souhaite donc réorienter les investissements vers la rénovation des infrastructures actuelles, notamment le Cosec, jugé vieillissant.
Une opposition très remontée
En face, l’opposition municipale a vivement dénoncé cette décision. Vincent Labarthe, désormais conseiller municipal d’opposition mais toujours président du Grand Figeac, parle d’un « très mauvais signal » envoyé au monde sportif. Selon lui, plusieurs années de travail collectif risquent d’être perdues.
Pendant les échanges, il a dénoncé un « renoncement » et un « gâchis » pour les associations sportives et pour la jeunesse. Guillaume Baldy a lui aussi critiqué la décision de la majorité. « On est en train de perdre 10 ans », a-t-il lancé pendant le débat. Pour les opposants au projet, l’abandon de Panafé risque de repousser durablement l’arrivée de nouveaux équipements sportifs modernes à Figeac.
Une pétition et des clubs inquiets
Le sujet dépasse désormais largement le cadre du conseil municipal. Une pétition en ligne intitulée « Pour des infrastructures sportives dignes de notre ville et notre jeunesse » a été lancée par des parents et licenciés sportifs. Elle a déjà recueilli plusieurs centaines de signatures.
Les défenseurs du projet considèrent que le futur complexe aurait permis de désengorger les équipements actuels et de libérer certains bâtiments afin de lancer ensuite leur rénovation. Plusieurs clubs craignent désormais que le dossier soit repoussé pendant de longues années.
Terrain synthétique et rénovation des équipements
La majorité municipale défend cependant une autre vision. Plutôt qu’un grand complexe immédiatement, Philippe Landrein veut avancer progressivement. Le futur terrain synthétique envisagé au stade du Calvaire doit permettre une pratique mixte du football et du rugby, mais aussi davantage d’utilisation par les écoles et les lycées.
Le maire affirme également vouloir créer une salle de sport couverte pendant le mandat, sans en préciser encore le calendrier ni les dimensions.
Une fracture politique autour du sport
Au fil du conseil municipal, le débat a rapidement dépassé la seule question sportive. L’opposition accuse la majorité de casser la dynamique engagée depuis plusieurs années et de fragiliser l’attractivité de Figeac. La majorité répond qu’elle refuse de lancer des projets qu’elle estime aujourd’hui impossibles à financer sérieusement.
Le sujet de la place de Figeac dans le territoire du Grand Figeac a aussi largement été évoqué durant les échanges. Pour plusieurs élus d’opposition, un équipement structurant comme Panafé aurait renforcé le rôle central de la ville. Le maire estime au contraire qu’il faut d’abord repenser les infrastructures sportives à l’échelle du territoire avant de relancer un projet d’une telle ampleur.
Le projet de Panafé officiellement enterré
Au terme du vote, la délibération actant l’abandon du complexe sportif de Panafé a été adoptée malgré plusieurs votes contre et abstentions. La convention passée avec le Grand Figeac sera résiliée et l’étude sur le terrain synthétique va être lancée.
À Figeac, le dossier sportif promet déjà de continuer à alimenter les tensions politiques dans les prochains mois.











