Entre inflation et baisse du pouvoir d’achat, les Montpelliérains cherchent les bons plans pour alléger leur ticket de caisse quand ils font leurs courses. Mais que valent-ils vraiment ? Claude Gaubert, trésorier de Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que-Choisir) Montpellier, décrypte cinq astuces tendances pour savoir si oui ou non, elles sont intéressantes.
Le “bon” jour pour des courses moins chères
Une rumeur tenace voudrait que, pour optimiser son budget, il faudrait planifier ses sessions de courses le mercredi après-midi, notamment chez le géant du hard-discount Lidl. Ce jour correspondant généralement au changement de catalogue, l’après-midi y serait propice aux liquidations d’invendus et aux réductions exclusives. Interrogé sur cette pratique, Claude Gaubert, trésorier de Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que-Choisir) Montpellier se montre très sceptique face à ce qui s’apparente davantage à une légende urbain.
« Nous n’avons pas fait de relevés de prix tous les jours de la semaine pour pouvoir confirmer ce genre d’idée reçue, Toutefois, cela me paraît farfelu. Je ne vois pas non plus sur quels éléments ou données marketing ce genre de démarches serait mis en place. » Pour l’expert local, l’alimentation de base ne suit pas de telles fluctuations journalières. En réalité, s’y rendre le mercredi après-midi expose surtout les consommateurs à la cohue des sorties d’écoles et à des rayons potentiellement vidés de leurs promotions phares.
Le drive : le piège invisible des produits frais
Le concept du drive s’est largement imposé dans la métropole montpelliéraine comme une solution miracle pour surveiller son panier en temps réel et s’imposer une rigueur budgétaire. Si l’Observatoire de la consommation de Que Choisir Ensemble confirme que les grilles tarifaires sont strictement identiques à celles des rayons classiques, le piège se situe dans la perte de contrôle sur la qualité.
Selon Claude Gaubert, « en l’état actuel des choses, les prix en drive sont les mêmes qu’en rayons, si vous faites vos courses vous-même. Le drive est effectivement une solution de facilité pour un certain nombre de personnes, mais se rendre physiquement dans les magasins permet de comparer les produits. En choisissant le drive, on ne sait pas très bien ce que l’on achète finalement. Vous commandez des fraises en pleine saison, mais vous ne savez pas ce que vous allez récupérer. Le Drive s’avère pertinent pour les produits industriels standardisés, d’hygiène ou les conserves dont les prix sont facilement comparables d’une marque à l’autre. En revanche, pour tout le rayon frais, la sélection humaine reste irremplaçable pour éviter les mauvaises surprises à la maison. »
Le choix des produits “premier prix”
Comparer les prix reste le meilleur moyen de faire des économies : il convient alors de confronter les produits de marque, avec ceux de la marque du distributeur (MDD) et les “premier prix”. Les marques de distributeurs sont moins chères que les produits de marque, et « régulièrement, leur qualité est exactement la même, parce qu’ils sont produits par les mêmes usines », confie Claude Gaubert, pour qui les MDD sont donc une bonne option pour dépenser moins tout en conservant la qualité.
En revanche, pour les produits “premier prix”, il se montre beaucoup plus prudent : « Souvent, d’après nos tests, ils sont de qualité nettement inférieure. » La viande en est l’exemple parfait. Si le prix du kilo de bœuf attire, il faut quand même se méfier, beaucoup de viandes sont gorgées d’eau. Selon l’ANSES, une viande issue d’élevage intensif peut perdre jusqu’à 30% de son poids à la cuisson, contre seulement 10 à 15% pour une viande maturée ou de filières de qualité comme le Label Rouge.
Un magasin plutôt qu’un autre
On imagine souvent qu’un paquet de gâteaux ou une bouteille de soda affiche un prix unique dans tous les magasins de la même enseigne. Beaucoup pensent également qu’en se rendant dans un supermarché éloigné de la ville de Montpellier, les prix chutent de manière significative.
Mais, d’après les relevés de prix effectués régulièrement par Que Choisir Ensemble Montpellier, « les produits non frais, issus de la centrale d’achat de Leclerc, d’Intermarché ou autre, n’affichent pas de réelles différences. En revanche, les produits frais et les produits locaux peuvent être différents d’un magasin de la même enseigne à l’autre, suivant les accords qu’ils ont pu passer avec les producteurs. Le circuit court est très à la mode, et c’est une bonne chose. D’ailleurs beaucoup d’enseignes n’hésitent pas à afficher la photo du producteur dans le rayon. C’est donc aux rayons frais que le consommateur pourra trouver des différences de prix intéressantes. »
Le coût du bio
Inutile de vider votre livret A pour manger sain. La véritable alternative à la vie chère ne se trouverait pas sous les éclatants néons des supermarchés de l’Hérault, mais bien au bout des allées de nos marchés locaux. Selon Claude Gaubert, si la grande distribution affiche des produits bio à des prix XXL, la réalité du terrain est tout autre. « Les grandes surfaces prennent une très grosse marge sur le bio, ce qui a nui à l’image de ces produits et fait croire que le bio était inaccessible », affirme-t-il.
Son astuce pour glaner des produits bio et pas chers ? Faire les fins de marché. « Là, au moment où les vendeurs commencent à plier leurs étals, le consommateur pourra trouver des prix intéressants. Les marchands et producteurs préfèreront brader leurs produits plutôt que de les ramener chez eux », précise Que Choisir Ensemble. « Les achats groupés à plusieurs foyers peuvent aussi s’avérer intéressants », termine-t-il.
Arnaud Turounet









