L’émotion est immense à Fleurance (Gers) après la découverte jeudi 4 juin d’un corps qui peut être celui de Lyhanna, la collégienne disparue vendredi 29 mai. Témoignages des habitants de Fleurance après les révélations sur le passé judiciaire de l’homme mis en examen dans cette affaire.
Dans le Gers, un corps identifié comme étant probablement celui de Lyhanna, a été retrouvé ce jeudi 4 juin 2026 en début d’après-midi. Il a été découvert près de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, dans un silo à grains désaffecté. La collégienne de 11 ans a disparu vendredi dernier. Le corps porte des vêtements similaires à ceux qu’elle portait ce jour-là. Il y a donc peu de place au doute, mais l’autopsie doit tout de même confirmer son identité.
Toute une commune sous le choc
Un homme a été mis en examen lundi dernier pour enlèvement et séquestration de mineure, puis incarcéré. Un homme de 41 ans, dont la fille était amie avec Lyhanna, déjà visé par six plaintes et signalements. Une plainte pour viol sur mineure a notamment été déposée en août 2025 à Plaisance-du-Touch. Mais le suspect n’a jamais été entendu dans cette affaire. Ce qui crée une vague d’émotion et soulève des questions à Fleurance.
Cela faisait six jours que tout le monde retenait son souffle. Six jours qu’une partie des habitants recherchait Lyhanna. Il y a eu les battues, les réunions spontanées près de la piscine et les milliers de partages d’appels à témoins sur les réseaux sociaux. Anne-Marie a appris la découverte du corps par un SMS de son petit-fils : « Ça me choque. J’ai moi-même des enfants et des petits-enfants : c’est une catastrophe. On est dévastés. »
Grégory Bobbato, le maire de Fleurance, a pris la parole en fin de journée, devant la salle du conseil communautaire : « C’est avec le cœur lourd que je m’adresse à vous. Nous sommes tous unis dans cette épreuve et nous le resterons jusqu’au bout. Nous avons simplement une pensée pour toutes les familles de victimes. Et une pensée particulière et grave pour la famille de Lyhanna. »
Cédric a suivi l’affaire de près. Une affaire qui pose question, selon lui : « Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là, sachant que c’est une personne impliquée dans différentes affaires, faut-il attendre qu’il y ait un événement tragique pour décider de faire quelque chose ? » Bernard aussi s’interroge depuis quelques jours, comme une bonne partie des habitants de Fleurance : « Malheureusement, notre justice est très lente. On va déborder sur un plan politique, mais les moyens qui lui sont alloués sont relativement faibles et, à mon avis, pas forcément dirigés dans les bonnes directions par rapport au peu de moyens que l’on a. »
« Il va falloir que certains prennent leurs responsabilités »
Magali, ne décolère pas : « C’est inadmissible. Que fait la justice en France ? Là, il va falloir que certains prennent leurs responsabilités, et vite. Ce n’est pas le genre de dossiers qu’on peut laisser s’empiler sur un coin de table. Nous, quand on fait une erreur au travail, on a des sanctions, c’est pareil. Il a déjà été accusé de viol et il n’a pas été entendu. C’est inadmissible. On parle de la vie d’un enfant. Aujourd’hui, on veut des actes. Faites des enquêtes administratives si vous voulez, mais on veut des actes. La petite n’est plus là, ça ne changera rien. Mais s’il y en a qui doivent sauter, qu’ils sautent. »
L’affaire Lyhanna met en lumière un problème systémique selon Lisa : « Pour moi, la France n’a jamais protégé ni les femmes ni les enfants. Ils ne sont pas entendus, ils ne sont pas écoutés. Et après, il se passe des drames comme celui-là. Il y a de quoi s’interroger. Il y a de quoi être en colère. Il s’est passé quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver. » Dans un communiqué diffusé par son avocat, la famille de Lyhanna a exprimé son plus grand effroi. La justice devra, dit-elle, « faire son œuvre en toute sérénité ».
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














