Au rez-de-chaussée d’une résidence d’Empalot à Toulouse, les murs s’effondrent en silence. Une locataire épuisée refuse une indemnisation de 1 000 € face à son bailleur social. Derrière les portes closes, un conflit d’habitation vire à l’imbroglio judiciaire.Depuis 2017, cette locataire de plus de 60 ans subit humidité, infiltrations et moisissures. Son bailleur, Toulouse Métropole Habitat, assure avoir réalisé de nombreux travaux et pointe les difficultés d’accès au logement. La Dépêche vous raconte son calvaire.
« Je ne demande pas la lune, seulement de pouvoir vivre dignement. » Dans son appartement situé au rez-de-chaussée d’une résidence d’Empalot à Toulouse, cette locataire de plus de 60 ans dit vivre un véritable « calvaire » depuis plusieurs années.
Installée dans ce logement depuis 2017, elle évolue aujourd’hui dans un appartement marqué par l’humidité. Des traces sont visibles sur plusieurs murs et plafonds. Certaines parties du logement sont fortement dégradées. Sa salle de bain n’est plus utilisable. Pour se laver, elle doit se rendre chez des proches. « Regardez, tout tombe », lance-t-elle en montrant les murs abîmés. « Je vais chez ma nièce ou chez mon frère pour me doucher. On est où, là ? Ce n’est pas une vie. »
« Mentalement, je suis épuisée »
Des ouvriers sont déjà intervenus dans le logement. « Ils sont venus trois jours. Quand je suis revenue, la salle de bain était en chantier mais rien n’était terminé », raconte-t-elle. « Les toilettes ne tenaient même pas. » Suivie quotidiennement pour plusieurs problèmes de santé, elle estime que cette situation pèse lourdement sur son quotidien. « Mentalement, je suis épuisée. J’ai attendu des années. Je veux juste que cette histoire s’arrête », confie-t-elle.
Une première décision a été rendue le 28 mai 2025. Le tribunal a reconnu l’existence d’un logement insalubre ainsi qu’un trouble de jouissance. La locataire a néanmoins décidé de faire appel. Elle estime que l’indemnisation accordée, d’environ 1 000 euros, ne correspond pas aux préjudices subis. Elle réclame désormais la réparation de son préjudice de jouissance, de son préjudice moral et de son préjudice de santé.
Toulouse Métropole Habitat conteste les accusations
Toulouse Métropole Habitat (TMH) affirme que les difficultés rencontrées dans cet appartement sont liées en partie à des refus répétés d’accès au logement, compliquant selon eux la réalisation des travaux. Le bailleur indique également avoir proposé une mutation à la locataire, proposition qu’elle a refusée.
L’organisme assure avoir réalisé plusieurs interventions ces dernières années : remplacement des fenêtres, de la porte d’entrée, de l’évier, rénovation de certains murs, changement du système de chauffage ou encore réfection de la terrasse. Certaines réparations dans les pièces d’eau n’auraient toutefois pas pu être finalisées en raison d’un dégât des eaux et de problèmes d’humidité persistants. Le bailleur précise qu’aucun autre locataire de la résidence n’a signalé de situation similaire.
En attendant l’examen de l’appel, la procédure se poursuit. « Depuis 2017, je subis cette situation », souffle la sexagénaire. « Aujourd’hui, je voudrais enfin pouvoir tourner la page. »










