Grâce à la redistribution (impôts directs et prestations sociales), les inégalités de revenus se retrouvent réduites de moitié en Occitanie, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Sans ce système, 420 000 habitants supplémentaires seraient pauvres dans la région.
Le système redistributif porte ses fruits en Occitanie. C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En effet, la redistribution monétaire, dont l’objectif est de réduire les écarts de niveau de vie entre les ménages, à travers les impôts directs et les prestations sociales, fait baisser de moitié les inégalités de revenus, précisément de 51%. Soit davantage que la moyenne en France métropolitaine (-46%).
« Ceci s’explique par le fait que les dispositifs redistributifs bénéficient davantage aux personnes les plus modestes, qui sont en moyenne plus présentes en Occitanie qu’au niveau national », explique l’Insee. Ainsi, dans la région, les habitants les plus aisés concentrent 42% des revenus avant redistribution monétaire et les plus modestes 4,9%, contre 36,9% et 8,7% après. Le rapport entre les deux parts passe alors de 8,6 fois moins à 4,2.
Une redistribution qui fait reculer le taux de pauvreté
De même, le système redistributif permet de faire baisser le taux de pauvreté de 7,3 points (de 24,8% à 17,5%). Sans lui, 420 000 habitants de plus se trouveraient en dessous du seuil de pauvreté. Le nombre de personnes pauvres serait alors de 1 418 000, au lieu de 998 000. Toutefois, l’Occitanie reste la troisième région la plus pauvre de France métropolitaine derrière la Corse et les Hauts-de-France, que ce soit avant ou après redistribution.
Dans le détail, ce sont surtout les prestations sociales qui participent le plus au recul du taux de pauvreté (-6,3 points, contre -1 point pour les impôts directs), principalement les minima sociaux et prime d’activité (-3,5 points). Les prestations familiales et allocations logement permettent, quant à elle, de le faire diminuer respectivement de 1,5 et 1,3 point.
Où le système redistributif est-il le plus efficace ?
Si l’on regarde par département maintenant, le système redistributif est le plus efficace au sein des départements du littoral. Dans l’Aude, l’Hérault et le Gard, les inégalités se réduisent en effet de plus de moitié après redistribution. Et même de 60% pour les Pyrénées-Orientales. Les taux de pauvreté de ces départements demeurent, pour autant, les plus élevés.
« Si le système redistributif parvient à réduire les inégalités les plus fortes, il ne les compense pas entièrement du fait des difficultés structurelles de ces territoires liées à leurs caractéristiques socio-économiques : taux de chômage élevé, part importante de personnes peu ou pas diplômées, forte présence de familles monoparentales », souligne l’Insee dans son étude.
La pauvreté de certains ménages fortement réduite
D’ailleurs, l’effet de la redistribution monétaire est important pour celles-ci. En effet, le taux de pauvreté des familles monoparentales serait de près de 50% avant redistribution et est d’un peu plus de 30% après. De même pour un couple avec trois enfants ou plus. En revanche, le système redistributif a moins d’impact sur le taux de pauvreté d’un couple sans enfant (de 11% à 8%).




















