Le géant d’acier Jeanne Marvig a fait étape à la future station Fontaine Lumineuse, à Colomiers. Arrivé le 29 mai dernier, le tunnelier de 10 mètres de diamètre est actuellement en maintenance avant de reprendre son percement en direction de Saint-Martin-du-Touch. Lors d’une visite de chantier, ce mardi 9 juin, la maire de Colomiers Karine Traval-Michelet et l’adjoint au maire de Toulouse Jean-Jacques Bolzan ont pu constater l’avancée d’un chantier qui semble avoir retrouvé son rythme de croisière.
À 25 mètres sous terre, dans le vaste volume de la future station Fontaine Lumineuse, le spectacle est saisissant. Le disque de coupe du tunnelier Jeanne Marvig, large de près de 10 mètres, occupe presque toute la largeur de l’ouvrage. Arrivée dans la station le 29 mai, la machine a percé la première paroi et se trouve désormais dans une phase de « ripage », de déplacement interne entre les deux extrémités de la station.

« Nous sommes également en phase de maintenance. Nous vérifions tous les outils de coupe avant de redémarrer le tunnelier pour la seconde phase de creusement », explique Vincent Bonnefous, directeur de projet des lots 1 et 2 pour le groupement Eiffage-NGE.
La prochaine étape conduira Jeanne Marvig vers la future station Airbus Saint-Martin. Un nouveau tronçon de 2,4 kilomètres l’attend avant une sortie technique au puits PLP, situé dans le prolongement des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac.

Un passage souterrain sous la route de Bayonne, pour rejoindre directement Airbus
Située à quelques centaines de mètres seulement des usines Airbus, Fontaine Lumineuse constituera l’une des stations majeures de la ligne C dans l’ouest toulousain. Pour absorber les flux importants de salariés attendus quotidiennement, un passage souterrain est en cours de réalisation sous la route de Bayonne.
« Nous aurons beaucoup de personnes qui rejoindront les ateliers Airbus. L’idée est d’éviter les conflits entre voitures et piétons », souligne Julien Isnard, directeur de projet adjoint de la ligne C chez Tisséo Ingénierie.

Une fois le tunnelier reparti, les équipes pourront achever le génie civil de la station : réalisation des quais, de la mezzanine et fermeture des trémies servant aujourd’hui à l’approvisionnement du chantier. Le second œuvre prendra ensuite le relais pour aménager les espaces voyageurs.
« Nous travaillons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 »
Si une vingtaine d’ouvriers interviennent quotidiennement sur la station, l’activité du tunnelier mobilise à elle seule des moyens considérables.
« Il faut environ 25 personnes par équipe pour faire avancer la machine. Comme nous travaillons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, cela représente entre 120 et 130 personnes au total », précise Vincent Bonnefous.

Les équipes se relaient sans interruption pour assurer la progression de l’engin, l’évacuation des déblais, l’approvisionnement en voussoirs et l’ensemble des opérations logistiques.
Les retards semblent en voie d’être résorbés
Longtemps scruté en raison des difficultés rencontrées sur plusieurs tunneliers du chantier, le percement de la ligne C semble désormais retrouver une dynamique plus favorable.
Julien Isnard reconnaît que certains engins ont connu des problèmes techniques liés aux systèmes de remontée des terres excavées. « Les machines s’arrêtaient régulièrement parce que les dispositifs se colmataient. Des mesures correctives ont été mises en place et elles donnent aujourd’hui des résultats. »
« Nous avons dépassé les 100 mètres de creusement par semaine »
Ces dernières semaines, plusieurs tunneliers ont atteint des performances remarquables.
« Nous avons dépassé les 100 mètres de creusement par semaine », indique Vincent Bonnefous. « Cela représente près de 20 mètres par jour lorsque la machine est en fonctionnement. »

Selon Tisséo, près de 70 % de la future ligne est désormais réalisé, si l’on additionne tunnels et viaducs. Un chiffre qui témoigne de l’avancement d’un chantier colossal dont la mise en service reste prévue fin 2028.
Des parkings relais en préparation
La visite a également permis d’évoquer les futurs aménagements autour de la ligne. À Colomiers-Gare, un parking relais en ouvrage d’environ 500 places est actuellement en phase d’études détaillées avant le dépôt du permis de construire. À Labège-Gare, un autre équipement d’environ 1 000 places doit entrer prochainement en phase de travaux.










