Après trois mois d’enquête, une opération menée ce lundi 8 juin a permis de démanteler un trafic de stupéfiants installé rue Arnaud-Vidal, dans l’hypercentre de Toulouse. Plus de 1,3 kg de cocaïne, des médicaments, des cigarettes et plus de 10 000 € ont été saisis.
À l’aube, la rue Arnaud-Vidal n’avait pas encore commencé à frémir. Lundi 8 juin, à 6 heures, plus d’une centaine de policiers ont investi ce secteur de l’hypercentre toulousain, au terme de trois mois d’enquête conduite sous l’autorité du parquet de Toulouse. Le point de deal solidement implanté dans cette petite rue proche du canal du Midi était devenu, selon les riverains et commerçants, une source persistante de nuisances et de dégradation du quartier. Il a disparu avant que les volets s’ouvrent.
L’opération, d’ampleur, a mobilisé les enquêteurs de la police judiciaire de Toulouse, des policiers de voie publique de la DIPN de Haute-Garonne, mais aussi des effectifs du RAID et des CRS. La police municipale de Toulouse a également été associée au dispositif. Sept personnes ciblées ont été interpellées, ainsi que deux consommateurs. Toutes ont été placées en garde à vue, prolongée de quarante-huit heures sur décision du juge des libertés et de la détention, avant leur défèrement au parquet.
Les perquisitions ont donné une mesure concrète du commerce qui s’était installé dans le quartier. Les policiers ont saisi 1 376,5 grammes de cocaïne, 24,3 grammes de résine de cannabis, 68 comprimés de prégabaline, 56 comprimés de Lyrica, 10 406,70 euros en espèces, du matériel de conditionnement, des balances de précision et plusieurs téléphones. Surtout, ils ont découvert des milliers de capsules destinées à recevoir de la cocaïne, certaines déjà pleines, d’autres prêtes à être remplies. Un pain de près de 700 grammes devait encore être réparti dans ces conditionnements d’un demi-gramme.
Des clients très précaires…
Le parquet relève un fait rare : une partie importante de l’argent saisi était composée de pièces de monnaie. Plus de 3 000 euros en pièces, soit près d’une vingtaine de kilos de métal, ont été retrouvés. Un produit de ventes minuscules, répétées, au demi-gramme, au comprimé, à la cigarette, auprès d’une population souvent précaire, parfois vivant de mendicité, et dont quelques euros glissés dans une main alimentaient à leur tour le point de vente.
Les investigations ont mis au jour l’existence de deux équipes se partageant le secteur de la rue Arnaud-Vidal et d’un campement installé entre le boulevard de la Gare et l’avenue de la Gloire. Les surveillances auraient permis d’identifier des vendeurs réguliers, des ravitailleurs, des nourrices et les responsables présumés de cette organisation. Deux hommes, âgés de 48 et 57 ans, ont reconnu les faits. Ils doivent être jugés ce mercredi dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Des casiers vierges
Les cinq autres suspects seront, eux, présentés en comparution immédiate. Parmi eux figure un homme de 51 ans, soupçonné d’être à la tête du trafic. Les quatre autres, âgés de 19 à 24 ans, sont décrits comme fortement impliqués, avec des rôles de stockage, d’approvisionnement ou de vente. L’un des mis en cause aurait reconnu conserver l’argent du trafic, sans mettre en cause ses coéquipiers. Un autre a expliqué travailler pour un certain H., sans que les enquêteurs ne puissent, à ce stade, remonter jusqu’à cet individu.
À l’exception du quinquagénaire, déjà condamné par le passé pour vol à main armée, les suspects n’étaient pas connus de la justice. La plupart se trouvent en situation irrégulière sur le territoire national. Ils sont notamment défendus par Mes Justine Dalloz, Jacques Derieux, Pascaline Lescouret et Marine Saurat.
Cette opération judiciaire a aussi pris la forme d’une opération dite « Ville sécurité renforcée ». Le campement qui servait de point de vente a été supprimé. Deux autres campements de marginaux, installés le long du canal du Midi, ont également été démantelés.












