L’école maternelle de Rangueil, à Toulouse, fonctionne depuis le début du mois de juin avec des effectifs réduits et des remplacements incertains. Des parents s’inquiètent des conséquences sur l’accueil des élèves, les sorties scolaires et les conditions de travail du personnel.
L’école maternelle de Rangueil, à Toulouse, traverse une période délicate en cette fin d’année scolaire. L’établissement est confronté à un manque d’enseignants depuis le début du mois de juin, ce qui complique l’accueil des enfants et l’organisation des activités.
Cette petite école du quartier compte trois classes pour 72 élèves. En cas d’absence d’un enseignant, comme c’est le cas en ce moment, les enfants doivent être répartis dans les deux classes restantes. Les effectifs peuvent alors atteindre 36 élèves par salle.
Simon Raffy, parent d’un élève scolarisé dans cette école, décrit une situation préoccupante. Il évoque des « classes surchargées » et des « annulations d’activités ».
Une gestion au jour le jour
Le quotidien de l’établissement est marqué par une grande incertitude. Deux jours de remplacement sont prévus chaque semaine. Mais durant celle en cours, un seul avait été confirmé. Le second jour a finalement pu être assuré grâce à l’arrivée imprévue d’un enseignant un matin.
« Cette proposition en bouche-trou du rectorat a de multiples conséquences sur la qualité de l’enseignement, les conditions d’accueil et l’état physique et mental des professionnels qui tentent de pallier tant bien que mal les conditions imposées », affirme Simon Raffy.
Les sorties scolaires menacées
Cette désorganisation perturbe le calendrier des activités extérieures. Une sortie au cinéma a déjà été annulée et les sorties prévues la semaine prochaine ne sont pas garanties en raison du manque d’encadrement minimum légal.
Les élèves de grande section doivent notamment aller à la piscine. « Le rectorat annonce que l’événement pourrait être maintenu, mais l’organisation chaotique et les réductions d’une semaine à l’autre nous laissent sceptiques sur la capacité de l’école à disposer d’assez d’enseignants pour toute la durée de l’activité », raconte le père de famille.
Cette école compte également trois Atsem. « Dans les écoles de petite taille, la gestion des absences peut être plus sensible que dans des établissements plus importants », selon l’adjointe au maire en charge de l’éducation, Marion Lalane-de Laubadère.
L’élue explique : « Dans ces derniers, la présence d’un collectif élargi d’Atsem permet davantage de souplesse et de solidarité interne pour faire face aux absences, là où une équipe restreinte, comme celle de Rangueil, offre mécaniquement moins de marges d’ajustement. »
La reconstruction de l’école programmée
La structure est également pointée du doigt. Simon Raffy décrit un bâtiment « sans isolation ni climatisation en pleine canicule ». La température dans les classes atteindrait les 35°C certains matins.
Marion Lalane-de Laubadère indique que des brasseurs d’air et des ventilateurs muraux sont installés dans les classes. « Ces dispositifs contribuent à améliorer les conditions d’accueil dans un contexte de fortes chaleurs », même si l’élue reconnait que « les marges d’action restent limitées dans le bâti actuel ».
L’établissement va être reconstruit. Les travaux doivent démarrer l’an prochain. Les élèves seront installés dans des modules climatisés à partir du mois de février, « permettant d’offrir aux élèves des conditions d’accueil adaptées dès la période estivale suivante », précise Marion Lalane-de Laubadère. La nouvelle structure sera disponible pour la rentrée de septembre 2028.
Une mobilisation annoncée le 15 juin
Le collectif Brigades écoles Phénix appelle à la mobilisation. Né à Toulouse, ce groupe dénonce les suppressions de classes et les difficultés rencontrées dans plusieurs établissements du département.
Il organise une « veillée funèbre » symbolique le 15 juin 2026 à 16 heures devant les écoles de Haute-Garonne.
Avant ces manifestations, le collectif a lancé une pétition en ligne réclamant un moratoire sur ce qu’il qualifie de « démantèlement de l’école publique ». « L’austérité budgétaire, qui pèse depuis des années sur le système éducatif, maintient des classes surchargées, des enseignant·es non remplacé·es, et plonge enfants comme adultes dans la souffrance », peut-on lire notamment.
Contacté par le Journal Toulousain, le rectorat de Toulouse n’a pas répondu avant la publication de cet article.











