La décision de la Mairie de Toulouse d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés lors de plusieurs soirées de la Coupe du monde a fait vivement réagir l’opposition municipale.
« Un aveu d’impuissance habillé en fermeté », « une mesure discriminatoire ». Voilà comment l’opposition qualifie le couvre-feu qui va être mis en place à Toulouse à l’occasion de la Coupe du monde. Pour rappel, la municipalité a décidé d’en imposer un pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés dans le centre-ville. La mesure s’appliquera de 22 heures à 5 heures les 13, 16, 19, 22, 24, 25 et 26 juin.
Une « mesure, dans les faits, incontrôlable », selon le président du groupe d’opposition Vivre Mieux, François Briançon. « Qui va vérifier quoi, où, comment ? Les agents municipaux ont-ils pour mission de patrouiller dans les quartiers pour interroger des adolescents sur l’âge de leurs amis ? », questionne-t-il. Le groupe d’opposition Demain Toulouse est du même avis : « Sa mise en application pose question et va mettre les agents dans l’embarras : comment détecter qu’un jeune a moins de 16 ans, que le ou les adultes qui les accompagnent sont leur représentants légaux ? ».
Un couvre-feu discriminatoire ?
Si la municipalité a pris une telle décision, c’est face aux débordements constatés dans le centre-ville après la finale de la Ligue des champions et durant la soirée du 6 juin. Mais cette raison ne satisfait pas François Briançon. « Les actes et les dégradations commis le soir de la finale du PSG sont fortement condamnables, mais les fauteurs de troubles avaient-ils tous moins de 16 ans ? Ne cherche t-on pas un bouc émissaire en punissant l’ensemble des jeunes Toulousains pour les actes d’une minorité qui n’entre pas totalement dans le périmètre de la mesure », se demande-t-il. Pour lui, « Moudenc punit les jeunes ».
Demain Toulouse relève que « cette discrimination sur l’âge va particulièrement toucher les jeunes des catégories populaires ». Selon le groupe d’opposition, « cela s’apparente à des mesures à caractère racistes et discriminatoires qui ciblent spécifiquement les jeunes selon l’équipe supportée ». Il note ainsi que « le couvre-feu ne s’appliquera que pour les matchs de la France, du Maroc, de la Côte d’Ivoire, de l’Algérie, de la Tunisie et du Sénégal… ».
Le manque de préparation pointé du doigt
Par ailleurs, François Briançon dénonce « une annonce précipitée sans réflexion sur les conditions concrètes de mise en œuvre ». « Ce qui révèle peut-être le mieux l’état d’esprit de cette décision, c’est la précipitation et le manque de préparation. Aucune anticipation pour finalement aboutir à une proposition absurde qui transforme la fête collective en événement honteux à cacher », déplore François Briançon qui estime que « le couvre-feu, c’est la solution de celui qui n’a plus d’idées ». Demain Toulouse dénonce aussi « l’incurie et l’incompétence de l’équipe de M. Moudenc à organiser les conditions de moments de vivre ensemble autour de la Coupe du Monde ».












