Agacé par les publicités omniprésentes sur les sites de cuisine, un développeur de 27 ans, installé en Tarn-et-Garonne, a créé Recet’up, une application dédiée au partage de recettes. Disponible sur Android et iOS, elle mise sur la simplicité et l’échange entre passionnés de cuisine.
Qui n’a jamais été agacé par des publicités intempestives qui envahissent son écran ? Face à ce constat et après un changement de vie radical, Théo Labadie, un ancien cuisinier de 27 ans, a décidé de prendre les choses en main. « Les publicités sur les sites de cuisine m’agacent énormément, parfois on n’arrive même plus à naviguer », raconte cet habitant de Saint-Nicolas-de-la-Grave, dans le Tarn-et-Garonne.
Il a codé seul Recet’up, une application pensée comme un réseau social culinaire. Elle permet de publier et consulter des recettes, de les commenter, de les noter, de les enregistrer dans ses favoris ou encore de suivre d’autres utilisateurs.
Une application née de deux passions
Si aujourd’hui il travaille comme développeur web, Théo Labadie a d’abord exercé un autre métier. Pendant plusieurs années, il a travaillé dans les brigades de différents restaurants à Toulouse, dont le Bibent, et dans le Tarn-et-Garonne.
Mais après une opération des cervicales, il a dû abandonner la cuisine professionnelle. Il fallait alors envisager une reconversion. « J’aimais vraiment la restauration, c’était un métier passion », raconte-t-il. « Mais j’ai toujours aimé être devant l’ordinateur. Je me suis dit qu’il fallait tenter l’expérience dans ce domaine. »
Plusieurs compétences acquises en restauration lui servent encore aujourd’hui. Il cite notamment la rigueur, la gestion du stress, la patience et le travail d’équipe.
Après une formation en alternance, le jeune développeur cherche à enrichir son portfolio et à développer ses compétences. Une idée lui trotte dans la tête : créer l’outil parfait pour centraliser ses propres recettes, alors éparpillées entre des feuilles volantes, des livres, des notes sur son téléphone et différentes applis.
« Instagram, Pinterest et les autres plateformes ne sont pas du tout adaptés à la structure d’une recette de cuisine », estime-t-il. « Puisqu’il n’y a pas ce que je cherche, autant le créer moi-même. »
Un an de code nocturne
Développer une application mobile quand on travaille déjà à temps plein est un défi de taille. Pour Théo, les journées se sont prolongées tard le soir, sur son temps libre, au milieu d’un autre grand changement de vie : il est devenu papa.
Pendant un an, il peaufine l’interface pour la rendre la plus intuitive possible. « On ouvre l’application, on a les recettes, tout est sur un seul écran. Même le bouton pour ajouter une recette est très simple, c’est le petit “+” en bas. Je voulais éviter de compliquer les choses », confie le créateur.
Mais le plus dur pour ce développeur solo commence après la phase de codage.
- La disponibilité : le processus de publication sur le Play Store et l’App Store s’avère complexe pour une première fois. L’application est disponible sur Android depuis mars dernier et sur iOS depuis moins d’un mois. Recet’up est également consultable sur un site dédié.
- Le marketing : c’est le défi majeur actuel. « Le marketing, c’est un métier à part entière et ce n’est pas le mien », admet le créateur.
Objectif : briser la glace du premier partage
L’application Recet’up réunit une communauté de près de 200 utilisateurs. On y trouve déjà des partages gourmands, comme une recette réunionnaise de cari aux crevettes que Théo a lui-même testée et validée.
Si une option premium avec des fonctionnalités exclusives (comme une messagerie interne) est envisagée à l’avenir pour couvrir les frais d’hébergement d’iOS, le but premier reste le plaisir, la création et la transmission. Pour maintenir une expérience utilisateur optimale, le créateur n’envisage pas d’intégrer de bannières publicitaires.
Le principal défi de Recet’up est désormais de convaincre les utilisateurs de sauter le pas et de partager leurs propres secrets de famille. « Il y a du passage, mais pour l’instant, il n’y a pas encore beaucoup de partages de recettes de la part des utilisateurs. C’est encore timide », constate le développeur. « Quand on arrive sur une plateforme naissante, c’est intimidant d’être les premiers. Il faut réussir à démarrer la machine. »












