Avec 43 % de son territoire couvert par une végétation potentiellement inflammable, l’Aveyron fait partie des départements les plus exposés aux feux de forêt et de végétation. Alors que l’été approche et que les épisodes de sécheresse se multiplient, le SDIS 12 déploie de nouveaux moyens pour prévenir et combattre les incendies.
L’été n’a pas encore officiellement commencé que les sapeurs-pompiers de l’Aveyron sont déjà sur le pont. Caméras de détection, drones thermiques, nouveaux véhicules spécialisés et même un pélicandrome flambant neuf : le département renforce son arsenal face à un risque de feux de forêt qui s’étend désormais à une grande partie du territoire français.
Le SDIS de l’Aveyron a officiellement lancé sa saison 2026 de lutte contre les feux de forêt et de végétation. Une mobilisation qui intervient dans un contexte particulier : avec le changement climatique, les périodes de sécheresse et les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses. L’Aveyron n’échappe pas à cette évolution.
Un département particulièrement exposé
Avec 43 % de son territoire recouvert d’espaces naturels susceptibles de s’embraser, l’Aveyron figure parmi les 52 départements métropolitains désormais considérés comme exposés au risque d’incendie de forêt ou de végétation. À l’échelle nationale, ils n’étaient que 48 l’an dernier.
« Les sécheresses et les canicules sont de plus en plus fréquentes et intenses en France du fait du changement climatique. L’évolution du risque lié aux feux de forêt concerne désormais une part croissante du territoire métropolitain », rappelle le ministère de l’Intérieur dans le cadre de sa campagne nationale de prévention 2026. Face à cette menace grandissante, le département a décidé de renforcer ses moyens de détection et d’intervention.
Un nouveau pélicandrome à Rodez
Le temps fort de cette saison 2026 est sans conteste l’inauguration du nouveau pélicandrome installé sur l’aéroport de Rodez. Cette infrastructure stratégique permet l’avitaillement rapide en produit retardant des avions bombardiers d’eau mobilisés lors des grands incendies. Armé par douze sapeurs-pompiers spécialement formés, ce site ne profitera pas uniquement à l’Aveyron.
Selon le SDIS 12, il doit aussi renforcer les capacités d’intervention des départements voisins en cas de feux importants. À cela s’ajoutent de nouveaux équipements : caméras de détection, drones thermiques capables de repérer des foyers invisibles à l’œil nu, matériels dédiés à la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et véhicules spécialisés.
Une équipe pour comprendre l’origine des incendies
Autre nouveauté cette année : la création d’une équipe « Recherche des Causes et des Circonstances d’Incendie ». Elle réunit des sapeurs-pompiers, des gendarmes et des forestiers avec un objectif : identifier plus précisément l’origine des feux afin d’améliorer la prévention. Car les chiffres sont sans appel.
Selon le ministère de l’Intérieur, neuf feux sur dix sont d’origine humaine et pourraient être évités grâce à des gestes simples. Un mégot jeté au sol, un barbecue trop près d’une zone végétalisée ou des travaux réalisés sans précaution peuvent suffire à provoquer un incendie.
Des agriculteurs en renfort
Pour faire face aux incendies de végétation, le SDIS de l’Aveyron peut également compter sur un allié inattendu : le monde agricole. Le service d’incendie et de secours a noué un partenariat avec la Fédération départementale des CUMA, les coopératives d’utilisation de matériel agricole.
Grâce à leurs citernes, leurs équipements hydrauliques et leur parfaite connaissance du terrain, les agriculteurs constituent un soutien précieux lors des incendies de grande ampleur. « Leur réactivité et leurs moyens représentent un renfort important lors des feux de végétation », souligne le SDIS.
Les bons réflexes pour éviter le pire
Parce que la prévention reste la meilleure arme, les autorités multiplient les messages de sensibilisation. Les recommandations sont simples : ne jamais jeter de mégot dans la nature, éviter les barbecues à proximité de la végétation, éloigner les matériaux inflammables des habitations et débroussailler son terrain avant l’été. Dans les zones à risque, le débroussaillement constitue même une obligation légale.
En cas de départ de feu, le premier réflexe est d’alerter les secours en composant le 18, le 112 ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes. Contrairement à une idée reçue, la voiture n’est pas un refuge sûr. Les autorités recommandent au contraire de se mettre à l’abri dans une habitation débroussaillée, de fermer les ouvertures et de suivre les consignes des secours.
Un risque qui s’étend avec le changement climatique
La saison 2026 s’annonce sous haute surveillance. Le Gouvernement rappelle que le risque de feux ne concerne plus uniquement le Sud-Est de la France. L’augmentation des températures, la sécheresse des sols et les épisodes caniculaires favorisent désormais l’apparition d’incendies sur des territoires jusque-là moins exposés. La campagne nationale de prévention poursuit ainsi quatre objectifs : sensibiliser les citoyens, développer une culture du risque, protéger les espaces naturels et adapter les territoires au changement climatique.
En Aveyron, où les forêts et les espaces naturels occupent une place essentielle du paysage, le message est clair : face au feu, chacun a un rôle à jouer. Les secours se préparent, mais la vigilance des habitants reste la première ligne de défense.















