Canicule et agriculture ne font pas bon ménage. Plus de soixante-quinze feux répertoriés par les sapeurs-pompiers en Haute-Garonne. Certains habitants ont eu chaud, notamment sur la commune d’Aussonne, à l’ouest de Toulouse, où 25 hectares ont été endommagés par un feu manifestement lié à « l’échauffement d’un roulement de moissonneuse » en pleine activité. Aucune habitation n’a été menacée, mais l’un des riverains décrit un climat « sec », où « le feu a pris d’un coup, devant la route il y avait d’énormes flammes ». La Haute-Garonne est placée en « danger feux très élevé » par Météo-France.
Avec le moissonnage des récoltes céréalières en Haute-Garonne, l’activité humaine en général, la canicule, le vent, les incendies redoublent d’intensité. Depuis le 19 juin, plus de soixante-quinze feux, pour l’essentiel sur des terres agricoles, ont été recensés par les sapeurs-pompiers à pied d’œuvre depuis. La canicule impose sa longue période d’incertitude.
Un important feu de végétaux au Fauga
Encore mercredi 24 juin après-midi, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 31) a alerté sur « un important feu de végétaux survenu au chemin Fontaine sur la commune du Fauga ». Dix hectares ont été brûlés, cinquante menacés et plusieurs habitations exposées au risque de propagation. Sur place, trente-sept soldats du feu au charbon.
Mardi 23 juin, ce sont vingt-cinq hectares (source SDIS 31) qui se sont enflammés, chemin de Las Planos sur la commune d’Aussonne. À 300 mètres de ce feu de chaume qui a littéralement brûlé environ six hectares et s’est étendu sur vingt-cinq hectares, moins d’une dizaine d’habitations où l’inquiétude était palpable.
« C’était impressionnant, mais je ne suis pas inquiet »
Rudy, habitant du lotissement de Las Planos, la maison la plus proche de la route qui le sépare du terrain agricole, a vu les flammes de près. « Je les ai vues dix minutes après le départ, mais tout est allé très vite. La police, les pompiers sont vite arrivés, dit-il. Ça a brûlé aussi au fond du champ. C’était impressionnant, oui, mais je ne suis pas inquiet. »

« J’ai appris que le feu était près de chez moi sur WhatsApp »
Trois maisons plus loin, Yann, l’un des habitants, était chez lui en télétravail lorsqu’il a appris par les réseaux sociaux que le feu avait pris non loin de sa maison… « Je l’ai appris sur le compte WhatsApp d’une amie qui est assistante maternelle, raconte l’habitant. Elle habite un peu plus bas à Aussonne et c’est elle qui a vu les flammes de loin. Donc, je suis sorti de chez moi et j’ai vu en effet que ça prenait feu. Tout ce qu’on a pu faire, c’est surveiller le vent en espérant qu’il ne tourne pas vers chez nous. Il allait davantage vers Daux. Mais on ne faisait pas les malins, car on entendait le feu crépiter. Les poteaux électriques ont brûlé, on a eu une coupure d’électricité pour éviter les problèmes, pendant près de deux heures. C’était sec et ça a pris d’un coup. Devant la route, il y avait d’énormes flammes. »
« La canicule a un double effet chez les sapeurs-pompiers »
Pour les sapeurs-pompiers, à 80 % des volontaires, les feux de forêt viennent en surplus d’une activité d’aide à la personne déjà fournie, note le lieutenant-colonel Christophe Ghiani, chef de groupement opérationnel au SDIS 31. « Chez nous, explique-t-il, la canicule a un double effet : elle augmente les incendies et le risque de secours aux malades, aux personnes faibles. C’est une période de tension. » D’ailleurs, le syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France appelle « les pouvoirs publics à porter une attention particulière aux conditions d’engagement, aux temps de repos, à la disponibilité des volontaires et à la reconnaissance de leur contribution essentielle à la sécurité des Français ».
En 2025, le département a subi, entre le 1er juin et le 30 septembre, 358 feux (280 feux de végétation, 70 feux agricoles et 4 feux de forêt), occasionnant la destruction de 140 hectares.











