Ce mercredi 1er juillet, soignants, élus et syndicats se sont rassemblés devant la clinique de L’Union, en Haute-Garonne, pour contester la fermeture de la maternité, prévue par Ramsay Santé le 15 septembre. Le moratoire proposé par les élus est une suspension temporaire de deux ans pour geler le transfert des accouchements vers Quint-Fonsegrives. Les maires brandissent une hausse à 618 naissances en 2024. La Dépêche vous explique la controverse.
La tension est montée d’un cran ce mercredi 1er juillet sur le parvis de la clinique de L’Union, à Saint-Jean. Une mobilisation d’élus, de syndicats et de soignants s’est tenue avant une réunion cruciale avec la direction du groupe Ramsay Santé. L’enjeu : contester la fermeture de la maternité, annoncée pour le 15 septembre.
Un moratoire de deux ans
À l’issue des débats, les élus locaux, accompagnés de la députée Anne Stambach-Terrenoir (LFI), ont abattu une nouvelle carte en proposant un moratoire de deux ans pour suspendre le « transfert des activités » vers la clinique de la Croix-du-Sud de Quint-Fonsegrives, à 14 kilomètres.
Tous sont vent debout face à une « décision incompréhensible alors que la natalité est en hausse dans l’agglomération toulousaine. Elle attire environ 10 000 habitants chaque année, avec des perspectives de construction de logements ».
Les chiffres de la natalité contestés
Marc Péré, maire de L’Union, pointe d’ailleurs une légère hausse des naissances en 2026. L’année fiscale, achevée le 30 juin dernier, compte 618 naissances, contre 596 en 2025, loin des 967 accouchements en 2021. Les chiffres sont toutefois bien loin des 300 accouchements projetés à l’horizon 2027 par le groupe.
Pour les élus locaux, ce moratoire donnerait du temps afin de vérifier si la hausse se confirme. Ils s’engagent d’ailleurs à présenter une étude chiffrée à la clinique sur le nombre de nouveaux logements à venir.
« On va doubler le temps de trajet, sans bouchons »
Selon nos informations, la direction estime que le nombre d’accouchements par jour n’est plus suffisant pour assurer la sécurité des patientes. En face, on s’inquiète des délais sur la route. « Une maman de Montjoire ou de Paulhac mettra 45 minutes au lieu de 20. On va doubler le temps de trajet, sans bouchons. C’est un danger de santé publique, elles vont accoucher sur l’autoroute », prévient Marc Péré.
Pour le personnel, l’amertume prédomine. Justine, auxiliaire de puériculture vacataire depuis cinq ans, perdra son emploi en septembre : « On sacrifie un travail de proximité à taille humaine. Le marché de l’emploi va être saturé. »
En attendant que la direction étudie la proposition de moratoire, la bataille du nord-est toulousain continue pour sauver sa maternité de L’Union.
Ramsay Santé : « Sécuriser les naissances, préserver l’emploi et la proximité, poursuivre le dialogue »
Le direction toulousaine du groupe Ramsay Santé, au travers d’un communiqué, remercie les élus « pour la franchise des débats ».
« Derrière ce dossier, il y a des familles attachées à leur maternité et des professionnels engagés : nous entendons leurs inquiétudes et nous les prenons au sérieux », assure-t-elle.
Elle évoque un regroupement de l’activité d’accouchement à Croix-du-Sud face à un recul structurel de la natalité en France, tandis que « le suivi pré et post-partum restent assurés sur le site de L’Union » . Toujours selon la direction, les volumes d’accouchement à L’Union « ne garantissent pas l’entraînement des équipes et la sécurité de prises en charge complexes ».
« Ce regroupement constitue le choix de naissances plus sûres, sur un plateau technique doté d’une néonatalogie, sans perte d’emploi et sans perte de suivi de proximité pour les femmes du territoire », assure Sabine Borali, directrice du pôle Ramsay Santé de Toulouse. « Nous poursuivrons ce dialogue dans la durée, autour d’un projet qui sécurise précisément les nouveaux-nés du nord-est toulousain. En responsabilité. »












