À 25 ans, Manon partage son quotidien entre ses 23 chevaux, sa famille et une vie menée à cent à l’heure. Cette année, elle tente une nouvelle aventure : trouver l’amour dans l’émission télé « L’Amour est dans le pré ».
Il suffit de quelques minutes pour comprendre que chez Manon, les chevaux ne sont pas simplement un métier. Ils sont partout. Dans son quotidien, dans ses projets, dans ses souvenirs et même dans sa manière de raconter sa vie. Près de Cazac, la jeune femme vit dans une dépendance installée à côté de la maison de ses grands-parents. Dans cette famille soudée, tout le monde semble graviter autour de Manon comme elle gravite autour de ses chevaux.

Originaire de Haute-Savoie, elle est arrivée dans la région par passion. Elle monte à cheval dès l’âge de quatre ans. Ce qui n’était au départ qu’un loisir est progressivement devenu une évidence. « Au début, c’était juste une passion et après, j’ai compris que je voulais faire ma vie avec eux », raconte-t-elle. Son rêve, elle le réalise aujourd’hui avec une structure qui compte 23 chevaux. Pensionnaires, chevaux de commerce, animaux confiés par leurs propriétaires : Manon les travaille, les rééduque et les valorise. Elle récupère notamment des chevaux maltraités ou destinés à l’abattoir pour tenter de leur offrir une seconde chance.
Une journée ordinaire commence à 6 heures. Nourrir, vérifier l’eau, regarder les éventuels bobos, travailler les chevaux et recommencer le soir. Quatre ou cinq chevaux sont travaillés chaque jour. « Pour moi, c’est du 7 jours sur 7, clairement », explique-t-elle. Une vie intense, parfois épuisante, mais qu’elle n’échangerait pour rien au monde.
La maladie n’a pas eu le dernier mot
Derrière ce grand sourire et cette énergie, Manon porte pourtant une histoire plus fragile. Atteinte de la mucoviscidose, elle est diagnostiquée à deux ans et demi. Dans sa vie d’enfant, les traitements occupent une place considérable : kinésithérapie, aérosols, médicaments, hospitalisations. Elle manque régulièrement l’école et connaît aussi le harcèlement. « C’était vraiment tout le temps la maladie, tout le temps les traitements », se souvient-elle.
Les progrès de la médecine lui permettent de vivre beaucoup plus normalement. Quatre cachets par jour, moins d’aérosols, mais toujours cette fatigue qui ne disparaît jamais complètement. Et parfois, lorsque son état se dégrade, l’hôpital redevient une étape obligatoire. La maladie lui a aussi fermé certaines portes. À 15 ans, elle rêve d’intégrer un sport-études pour travailler avec les chevaux. Les médecins refusent de signer son certificat médical et son projet prend du retard. Elle finit pourtant par décider de ne plus laisser la maladie choisir pour elle. « J’ai dit : Je veux faire ça et je le fais », raconte-t-elle avec cette détermination qui la caractérise. Les chevaux l’aident à tenir pendant les périodes difficiles. « Ils m’ont permis de tenir le coup, c’est mon oxygène » confie-t-elle. Puis vient cette phrase qu’elle nous dit avec un grand sourire : « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus forts. »
Aujourd’hui, Manon dit vivre son rêve « encore plus à fond ». Elle prépare des compétitions, vise les championnats de France à Saint-Lô et espère ensuite accéder aux compétitions internationales. La suite dépendra notamment de son état de santé et de la catégorie dans laquelle elle pourra concourir. Mais ce qu’elle veut surtout, c’est avancer. « Je profite pleinement de chaque jour parce que si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce aux chevaux et aussi à ma maladie. »
Et maintenant, place à l’amour
Il manquait pourtant quelque chose à cette vie déjà bien remplie. Quelqu’un avec qui la partager. C’est là qu’intervient « L’Amour est dans le Pré« . La nouvelle saison débute lundi 17 août et Manon espère y trouver un homme capable de comprendre son quotidien. Dans ses précédentes relations, son métier comme sa santé ont parfois fait fuir. « Ils m’ont déjà causé du tort », reconnaît-elle.
Et Manon ne cherche pas une histoire à moitié. « Moi, je donne tout en amour », affirme-t-elle. Elle veut du sérieux, quelqu’un de posé, qui a envie de construire et, à terme, de fonder une famille. Cette envie de partager sa vie est devenue suffisamment forte pour la pousser à franchir les portes d’une émission qu’elle regardait avec sa mère. « Tout l’amour que j’ai, je le donne aux chevaux, mais ce serait bien de le donner à une personne », s’est-elle dit avant de s’inscrire.
En quelques dates
20 février 2001 : Naissance
2003 : Elle est diagnostiquée atteinte de la mucoviscidose
2005 : Elle monte à cheval pour la première fois
2024 : Elle s’installe à Cazac avec sa mère et ses grands-parents
2028 : Elle aimerait participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles en para-dressage ou avec les valides
Elle rêve de partir en vacances à deux, de week-ends, d’avoir quelqu’un à la maison. Reste son tempérament, bien présent derrière ce sourire. Manon se décrit comme solaire, positive et drôle mais reconnaît aussi avoir un « gros caractère ». Elle sait ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle ne veut pas.











