En vendant leur maison autonome pour transformer un vieux bus en véhicule solaire, Laure et Jean-Philippe Guillemonde ont fait un choix radical : partir vivre sur les routes avec leurs deux filles. Depuis quatre ans, la famille toulousaine expérimente une autre façon d’habiter le monde, au gré des rencontres et des imprévus. Ils seront présents au Toulouse Aventure Festival à Léguevin, ce vendredi.
Lorsqu’elle voyage à bord de son bus, la famille Guillemonde ne passe jamais inaperçue. Voyager dans un bus, c’est déjà particulier, mais un bus solaire l’est encore plus.
L’idée de vendre la maison autonome de Bruguières (bâtie de leurs mains) pour voyager à bord de ce moyen de transport leur est venue après l’épisode du Covid.

« Pendant cette période, on s’est sentis enfermés. Les filles faisaient déjà l’instruction en famille, donc on avait cette liberté. Et puis l’entreprise où travaillait Jean-Philippe battait un peu de l’aile. On sentait qu’il fallait trouver un nouveau projet, quelque chose de dynamique. L’idée du bus est venue comme ça. D’abord, on a demandé aux filles si elles avaient envie de voyager. Ça leur plaisait. Ensuite, on a cherché comment faire. Le sac à dos posait problème : pendant le Covid, des gens étaient restés coincés à droite à gauche. On s’est dit qu’avoir notre propre véhicule serait plus simple, plus libre », explique Laure Guillemonde.
Une grande tournée européenne
Clara et Lisa, leurs deux filles, ont alors 13 et 15 ans. Début juillet 2021, la famille saute le pas et explore une grande partie de l’Europe au gré des envies et des occasions. Le bus d’une trentaine de mètres carrés, surmonté de 90 mètres carrés de panneaux solaires, prend forme au fil des voyages : canapé acheté à Montpellier, une partie du mobilier à Barcelone… En juin 2022, lors d’une escale dans la région toulousaine, Jean-Philippe transforme le véhicule en bus électrique.
Trois mois plus tard, retour sur les routes : après une pause d’un mois à Montpellier à cause d’une panne, la famille prend la direction du Maroc. « Ça nous a permis d’arriver dans un endroit où il y avait du soleil. Pour tester le véhicule, c’était parfait. Il a montré ce dont il était capable. »
La famille met alors le cap sur l’Espagne, l’Italie, la Grèce puis la Turquie. « On a commencé à remonter vers la France en passant par la Bulgarie, et on s’est arrêtés en Roumanie parce que c’est là qu’habitait la personne qui nous avait vendu une partie du matériel électrique. Il voulait voir le projet terminé. »
Des voyages à pied
La famille pensait y rester une semaine, elle y séjournera finalement trois mois, stationnée dans un centre équestre. Le rêve pour la fille cadette, Lisa, passionnée d’équitation et cavalière aguerrie.
« On était garés au milieu des chevaux. Ils passaient la tête dans le bus. Le centre équestre trouvait toujours une excuse pour que l’on reste : “Ah non, demain c’est mon anniversaire”, “Attendez, il y a Halloween”… Ils ne voulaient plus qu’on parte », se souvient la jeune fille aujourd’hui âgée de 18 ans.

Et lorsque l’appel du large se fait sentir vers des destinations plus lointaines, la famille troque le bus contre le sac à dos. Ces dernières années, elle a ainsi visité le Japon, la Thaïlande et les États-Unis. La vente de la maison a contribué à financer une partie des voyages, tandis que Jean-Philippe, informaticien, peut également travailler à distance.
« Le bus fait sourire »
Mais au fil des kilomètres, ce sont surtout les rencontres qui marquentdurablement la famille.
« En Espagne, un couple franco-polonais avec trois enfants nous a invités. Au Portugal, un monsieur est venu nous apporter un bidon d’eau de cinq litres, simplement pour engager la conversation. Le bus fait sourire. Avec sa décoration, les gens nous voient passer, ça crée immédiatement quelque chose. »
Parmi les anecdotes marquantes, Clara évoque sa brève hospitalisation après s’être fait piquer deux fois par un scorpion en Turquie.
Stationnés à Aussonne depuis un an, Jean-Philippe et Laure souhaitent repartir cet automne pour une destination encore inconnue. Les filles, désormais étudiantes, ne seront pas de la partie. Mais dans la famille, le goût du mouvement a laissé des traces durables. Clara, par le biais de son métier d’ingénieure du son, apprécie d’aller de mission en mission. Lisa, quant à elle, retrouve cette même sensation de liberté auprès de ses chevaux.

Vendredi, à 18 h 30, la famille Guillemonde sera présente au festival de l’aventure de Léguevin pour évoquer ses voyages et sa vie à bord du bus.
Trois jours pour rêver de voyage et d’aventure au Toulouse Aventure Festival
Le Toulouse Aventure Festival revient pour une deuxième édition du 3 au 5 juillet à Léguevin, à 15 minutes de Toulouse. Pendant trois jours, cet événement consacré au voyage et à l’exploration proposera plus de 25 conférences, des ateliers pratiques, un village exposants réunissant une cinquantaine de professionnels, ainsi que des animations destinées au grand public.
Les visiteurs pourront également découvrir un espace bivouac, des initiations sur terrain off-road auto et moto, deux écoles de pilotage, sans oublier plusieurs espaces de restauration et animations en soirée.
Porté par l’association Monde de Vadrouilleurs et parrainé par Benoit La Vadrouille, le festival entend rappeler que « l’aventure est accessible à chacun ».
Du 3 au 5 juillet, au 2782 route de Fonsorbes à Léguevin.















