Le président du Département de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, monte au créneau contre les nouvelles coupes budgétaires qui menacent plusieurs établissements culturels. Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, il dénonce un « désengagement culturel de l’État ».
« Je ne peux me résoudre à voir la Seine-Saint-Denis devenir le symbole d’un désengagement culturel de l’Etat », déclare Stéphane Troussel, président du Département, dans un courrier adressé à Catherine Pégard, la ministre de la culture. Il lui a envoyé ce dernier à la suite de l’alerte lancée par 28 structures culturelles. Celles-ci craignent de nouvelles coupes budgétaires pour la saison prochaine, alors qu’elles ont déjà subi des réductions de crédit en 2026. Des décisions « incompréhensibles » pour Stéphane Troussel. « Au-delà des montants en jeu, elles traduisent un choix politique que nous refusons : celui de faire une nouvelle fois porter à la culture une part disproportionnée des efforts demandés au pays ».
La Seine-Saint-Denis l’un des « territoires les plus lourdement affectés » ?
En plus de ça, le président du Département note que « la Seine-Saint-Denis apparaît parmi les territoires les plus lourdement affectés par les mesures annoncées ». « Parmi les vingt-huit établissements concernés à l’échelle nationale, huit sont situés en Île-de-France et trois en Seine-Saint-Denis : le Théâtre Gérard-Philipe, la MC93 et La Commune – Centre dramatique national d’Aubervilliers. À elles seules, ces structures représenteraient près de la moitié de l’effort demandé aux établissements franciliens concernés, alors même que notre département est loin de concentrer la moitié des crédits de l’État ou de la DRAC Île-de-France ».
Il souligne également qu’elles représenteraient « plus de 10% de l’effort demandé à l’échelle nationale ». Selon lui, cela fait de la Seine-Saint-Denis « l’un des premiers contributeurs au désengagement culturel de l’Etat ». « Je peine à voir dans cette concentration des efforts demandés à notre territoire la simple conséquence d’une mécanique qui serait neutre. Car les effets de ces arbitrages sont bien réels : ils pèsent sur un département et des communes qui ont fait de l’ambition culturelle, de l’accès de toutes et tous aux œuvres, de l’éducation artistique et culturelle et du soutien à la création l’un des fondements de leur projet de territoire », affirme Stéphane Troussel.
Ce que demande le président du Département à la ministre
Si l’élu « ne pense pas qu’il faille refuser toute contrainte budgétaire », il « refuse que les politiques culturelles, les artistes, les institutions et leurs publics deviennent les variables d’ajustement de décisions prises sans considération des réalités qu’ils portent quotidiennement ». « Décider en juillet 2026 de retrancher plusieurs centaines de milliers d’euros à des établissements dont les saisons sont construites, les contrats conclus et les engagements pris revient à méconnaître profondément ce que sont les temporalités de la création artistique et du service public de la culture », considère le président du Département.
En conséquence, il demande à la ministre de revenir sur le surgel annoncé pour les établissements concernés, de garantir le versement intégral des crédits notifiés pour l’exercice 2026 et de « recevoir dans les meilleurs délais une délégation associant l’Etat, le Département et les communes concernées afin de construire des solutions permettant de préserver durablement les grands équipements culturels de la Seine-Saint-Denis ». « L’enjeu dépasse aujourd’hui le seul équilibre financier de quelques institutions. Il concerne la crédibilité de la parole publique, la qualité du partenariat entre l’État et les collectivités, et la capacité collective à préserver ce pacte culturel républicain », appuie-t-il.











