Installée à Saint-Sulpice-la-Pointe, entre Toulouse et Albi, Rétis Solutions vient de décrocher un important marché auprès de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Jérôme Couillaud, directeur du groupe Novarc auquel appartient désormais l’entreprise, revient sur ce contrat.
Rétis Solutions, implantée à Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn, vient de franchir une nouvelle étape avec la signature d’un marché avec RTE. L’entreprise va notamment produire quelque 700 pylônes électriques destinés au renouvellement du réseau de transport d’électricité. Ce contrat doit également générer des emplois et permettre de nouveaux investissements sur le site tarnais. Jérôme Couillaud, directeur du groupe Novarc, propriétaire de Rétis Solutions, détaille les enjeux de ce marché et les perspectives pour l’entreprise.
ICI Occitanie : Vous venez de décrocher un très gros contrat avec RTE, le réseau de transport d’électricité. A quelle hauteur ?
Jérôme Couillaud : Aujourd’hui, on est sur une trentaine de millions d’euros sur trois ans. C’est la volonté de RTE de travailler avec les acteurs français et européens. On a donc eu cette opportunité de soumettre notre offre, de travailler avec eux. On a répondu à l’appel d’offres et puis on a été retenus. C’est une sélection très drastique, au travers d’un processus assez compliqué. On a pas mal travaillé avec les équipes, puis on a obtenu une partie du marché, c’est à peu près 10% du marché global.
RTE investit énormément dans le renouvellement des réseaux électriques. Aujourd’hui, les réseaux ont plus de 80 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, ils ont été refaits et maintenant ils sont très âgés. Il faut les refaire et les maintenir en état. Aujourd’hui, on a donc été retenus sur 10 % du marché, ce qui représente à peu près 700 pylônes.
C’est une nouvelle génération de pylônes, complètement différente de ce qui existe aujourd’hui et de ce que l’on voit dans nos campagnes ?
Il y a les deux : des nouvelles générations de produits, puis il y a du renouvellement aussi, mais c’est principalement une nouvelle génération.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn ? Cela crée plus d’emplois ?
Oui. Cela crée plus d’emplois directs, une trentaine d’emplois, et plus indirectement.
Combien êtes-vous aujourd’hui sur le site ?
On est entre 160 et 170 sur l’effectif global, sur l’usine de Saint-Sulpice.
Cela crée aussi du travail pour les entreprises qui réalisent le zingage de ces pièces, puisqu’elles sont protégées, puis ensuite elles sont peintes pour assurer la durabilité du produit.
Les pylônes que vous voyez dans les champs, les grands pylônes, ce sont ces produits-là. Cela crée indirectement de l’emploi aussi pour des gens qui découpent des pièces pour nous. Il y a tout un tas de choses et on a travaillé avec des partenaires locaux sur des circuits très courts, parce que je voulais qu’on soit assez réactifs sur ces projets-là.
On est donc vraiment sur une production tarnaise ?
Oui. On a investi à peu près 3,6 millions d’euros sur l’activité, sur le site, dans les machines, le matériel, etc., pour arriver à faire la production. Aujourd’hui, c’est vraiment du local sur la production propre.
Rétis Solutions, c’est aussi une entreprise avec 160 ans d’histoire
Rétis Solutions, c’est une très vieille usine. En fait, ils fabriquaient des sels pour l’armée de Napoléon III au départ, et c’est toujours une activité qu’on a. On fait une centaine de milliers d’euros.
Vous ne faites donc pas que des pylônes ?
Non. On fait de la téléphonie, des télécommunications. On travaille pour des gens comme Free, Bouygues, etc. On travaille aussi pour la SNCF, et on fait pour Enedis et RTE, qui sont les grands acteurs, mais aussi à l’international. On fournit l’Afrique, on fournit d’autres pays dans le monde aujourd’hui sur du matériel.
Quand on est français et que l’on travaille sur de l’acier, est-ce qu’on peut encore s’en sortir face à la concurrence internationale, notamment avec toutes les complications actuelles ?
Alors, c’est toujours très compliqué. La question, c’est : est-ce qu’on est plus créatif ? La question, c’est d’être en capacité d’offrir de nouveaux produits, d’aller chercher de l’innovation au quotidien avec les clients et de répondre à des problématiques qui sont nouvelles.
Alors moi, je suis assez âgé pour dire qu’à l’époque, on disait : « Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées. » Ça reste valide, en fait, aujourd’hui. Et la solution pour s’en sortir, c’est que Rétis Solutions appartient à un groupe qui s’appelle Novarc, qui est un groupe familial français, et on se développe sur la notion d’innovation.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












