Même s’il est au cœur de l’apprentissage de la création artistique, le métier de modèle vivant souffre toujours d’un manque de reconnaissance professionnelle. À Toulouse, le collectif « La pensée du modèle » milite pour redonner une juste place à ces artistes du corps et dépoussiérer les préjugés.
Nathalie France exerce un métier aux contours flous, bien souvent méconnu du grand public. Modèle vivant, elle pose régulièrement pour les écoles d’art toulousaines. Face au manque de considération qui entoure son activité, elle a décidé d’agir : il y a un an et demi, avec une dizaine d’autres passionnés, elle a cofondé le collectif « La pensée du modèle ».
Le métier méconnu de Modèle Vivant : Rencontre avec le collectif « La pensée du modèle »
Leur objectif ? Créer un espace d’expression autogéré et réinventer la relation entre ceux qui posent et ceux qui dessinent.
Plus qu’une pose : une force de proposition artistique
Dans ces ateliers, organisés en lien direct avec les dessinatrices et les dessinateurs, fini le modèle passif qui subit la séance. Ici, le modèle devient co-créateur de la performance artistique.
« Pour moi, l’aspect très important était que le modèle ne soit pas uniquement là pour proposer », explique Nathalie France. « Ce collectif vit parce que chacun va y amener son propre univers. Le modèle est force de proposition et de création, ce n’est pas juste ‘je m’installe, je pose et voilà’ . »
Aujourd’hui, l’atelier prend vie chez un particulier qui a ouvert sa maison aux artistes, mais les lieux changent au gré des saisons. Ce sont les modèles eux-mêmes qui choisissent et proposent la façon dont ils souhaitent poser. La séance commence souvent par des rythmes très intenses : les participants ne disposent que de 5 minutes chrono pour réaliser un premier dessin avant le changement de posture.
« Beaucoup d’a priori, de préjugés et de fantasmes »
Si l’initiative séduit — l’atelier rassemble un nombre toujours plus grand de dessinateurs au fil du temps —, le combat pour la visibilité de la profession reste entier. Entre fantasmes et méconnaissance, le quotidien des modèles vivants se heurte encore à des idées reçues tenaces.
« C’est un métier qui n’est pas vraiment connu par les personnes qui ne posent pas ou ne dessinent pas », regrette Clémentine Lapha, modèle vivant et comédienne. « Il y a beaucoup d’a priori, de préjugés, mais aussi de curiosité. Je pense que c’est important de se rassembler : plus on sera visibles, plus ce métier sera reconnu. »
À ce jour, les modèles vivants sont toujours privés d’un véritable statut professionnel protégé. En ouvrant de nouvelles voies à Toulouse, le collectif « La pensée du modèle » entend bien faire entendre sa voix et prouver que poser est un art à part entière.
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