Dans le café-cantine qu’elle vient d’ouvrir à Toulouse, Beza Kebede mêle cuisine éthiopienne, produits locaux et souvenirs d’enfance. Arrivée en France à l’âge de six ans, elle a pu concrétiser son projet grâce à ses amies d’école. Quatre mois après l’ouverture, elle prépare le Nouvel An éthiopien dans ce lieu pensé comme un espace de rencontres et un hommage à son père.
L’établissement est petit mais si chaleureux avec sa terrasse ombragée. Accompagné du murmure de la fontaine, on découvre Grain de Quartier, « café éthiopien et cantine française », place Olivier à Toulouse. Un endroit ouvert il y a quatre mois par Beza Kebede, Éthiopienne de 38 ans qui a réussi à concrétiser son rêve grâce à l’amitié et à sa détermination. On la retrouve affairée pour la préparation du Nouvel An éthiopien, prévu ce samedi 12 septembre.
Beza est arrivée à Toulouse à six ans, avec ses parents : « Je suis née en Éthiopie et mon père, réfugié politique, a obtenu le droit d’asile en France, explique-t-elle. Lorsque sa situation a été régularisée, il nous a fait venir. Nous avons été hébergés dans un foyer de migrants, avant d’emménager dans un appartement de l’avenue de Muret, puis place Olivier. Ce n’était pas facile mais j’étais heureuse ».
Scolarisée en primaire à l’école Bénézet, Beza se fait des amies. « On ne s’est jamais quittées. Et ce sont mes copines d’enfance qui m’ont prêté 25 000 € pour concrétiser ce projet de café-cantine, là où j’avais grandi, avec des souvenirs qui se bousculent, à l’exemple des bêtises que j’ai pu faire dans la fontaine ».
Un hommage à son père
« Mon père souhaitait que je travaille dans un bureau, une activité sûre, donc rassurante. Moi, je voulais voyager et créer mon affaire. Malgré notre affection, nous étions opposés. Il est décédé il y a trois ans, et je sais qu’aujourd’hui il aurait été fier de mon projet, lui qui était si bon cuisinier. Ce lieu est un hommage que je lui rends ».
Grain de Quartier fonctionne plutôt bien, grâce à Beza qui a su en faire plus qu’un simple établissement : un lieu où les gens se rencontrent. La cuisine faite avec des produits locaux et de saison, affiche un menu (entrée, plat, dessert) à moins de 20 €. Pour valoriser la culture éthiopienne, le Café Éthiopien est aussi « une sorte de village où chacun se retrouve pour échanger dans une ambiance pluriculturelle, assure Beza. On a des jeux pour les enfants, on pense à eux mais aussi à prendre soin des grands ».
Ce samedi, Beza célèbre le Nouvel An éthiopien. Le lendemain dimanche, c’est une dictée qui sera l’activité majeure au cœur de la journée, lue par Leïla, 8 ans. « Tout cela autour du repas préparé par ma mère et ma tante. Sans oublier l’inégalable café éthiopien ».













