REPORTAGE. Une quinzaine de caravanes de gens du voyage occupent illégalement les parkings de la zone commerciale de Labège en Haute-Garonne. Accès bloqués, déjections humaines… Les clients fuient le secteur et le chiffre d’affaires dégringole. Des employées tirent la sonnette d’alarme et dénoncent une situation ubuesque.
Sur la zone commerciale du Carrefour de Labège, au fond du site, l’accès à des enseignes phares comme Gémo ou Cultura est devenu un véritable parcours du combattant. Depuis une semaine, une quinzaine de caravanes de gens du voyage se sont installées sur les parkings.
Les clients qui suivent la signalisation officielle se retrouvent au beau milieu du camp, sans possibilité d’aller plus loin pour accéder aux magasins. Il faut faire demi-tour et emprunter un autre chemin.
Des déjections humaines sur le pas de la porte
Outre les dégradations constatées par les salariés de la zone, les branchements sauvages et les machines à laver qui vident l’eau sur les parkings ce sont surtout les conditions d’hygiène et les nuisances qui exaspèrent.
Malgré des températures plus fraîches ces derniers jours, l’humidité fait remonter des odeurs insoutenables. En cause : les abords du magasin, considérés comme des toilettes à ciel ouvert. Déjections et papier toilette se retrouvent un peu partout, parfois devant les portes d’entrée des boutiques, obligeant les premiers salariés sur place à nettoyer le matin. « On sert de toilettes ! », s’indigne la directrice de Gémo à Labège, Marianne Cléron. La zone de livraison du magasin est régulièrement dégradée. « Les livreurs doivent composer avec ça, déplore-t-elle. L’autre jour, l’un d’eux a dû nettoyer. »
Un impact financier direct sur les salariées
Pour le magasin Gémo de Labège, devenu le plus rentable de toute la région Occitanie ces dernières semaines, le préjudice économique est colossal.
En pleine période de rentrée scolaire, habituellement stratégique, l’enseigne accuse une baisse d’activité drastique : « La semaine dernière, nous n’avons réalisé que 63 % de notre chiffre d’affaires. Une chute jamais vue pour la période », alerte la directrice du magasin, Marianne Cléron. La position de numéro un est désormais bien loin.
Un préjudice confirmé par la manager, Clémence Caux : « On avait un challenge d’équipe avec une prime à la clé. À cause de cette chute de fréquentation, nous allons perdre en salaire et sur nos primes. »
Des aires d’accueil saturées
« Ça joue sur nos vies : tant financièrement que moralement », confie la directrice, avouant être parfois à bout de la situation. Les deux salariées espèrent maintenant une action rapide du préfet pour expulser les caravanes de la zone.
Elles sont régulièrement confrontées à cette situation depuis « trois ou quatre ans ». « Souvent, ils repartent et c’est encore plus propre qu’avant. Mais là, c’est catastrophique », constatent-elles.
Face à une saturation récurrente des aires d’accueil de l’agglomération toulousaine, les installations sauvages sur les espaces privés des zones commerciales se multiplient ces dernières années. Si régulièrement, la cohabitation se fait sans heurts, les squats insalubres se multiplient eux aussi. Et chaque fois, les concernés ne peuvent que constater la lenteur d’exécution des procédures pour débloquer la situation.
La communauté présente sur place a refusé de nous répondre.
















