À l’occasion de la journée internationale pour l’arrêt des vols de nuit, dimanche 13 septembre, des Toulousains ont affiché leur ras-le-bol. Un décret interdira la programmation des vols de nuit à partir du 1er janvier 2027, mais certains riverains jugent la mesure insuffisante.
Pas de manifestation dans les rues de Toulouse, mais des banderoles accrochées devant les maisons et les immeubles. Dimanche 13 septembre, à l’occasion de la journée internationale de mobilisation pour l’arrêt des vols de nuit, les riverains étaient invités à afficher leur opposition aux nuisances aériennes nocturnes.
Dans le quartier des Arènes, plusieurs habitants ont ainsi participé au mouvement. Un secteur pourtant classé en zone D, le niveau le plus faible dans le classement des nuisances sonores aériennes. Une classification qui ne reflète pas forcément leur quotidien.
«Ça, c’est un atterrissage», explique Chantal Beer-Demander, présidente du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine, en montrant un avion qui passe au-dessus du quartier. «Il est surtout très incommodant, puisqu’il est bien à 200 mètres de nous sur les quartiers sur lesquels il passe. Donc c’est quand même pénible.» Et lorsque les avions décollent, le bruit est encore plus important selon elle.
«On est réveillé trois ou quatre fois par nuit»
Pour certains riverains, les conséquences se ressentent directement sur le sommeil. Anne-Claire, habite à quelques pas de là et raconte être régulièrement gênée par les avions : «On est réveillé trois ou quatre fois par nuit. C’est un agacement et une fatigue physique parce que ça dégrade le sommeil.»
Difficile, selon elle, de s’habituer à ces nuisances au fil des années. «On ne s’habitue pas, le corps ne s’habitue pas», assure-t-elle. Un problème particulièrement marqué pendant les périodes de fortes chaleurs, lorsque les habitants dorment les fenêtres ouvertes. «C’est là que ça va nous réveiller encore plus.»
Tous les riverains ne vivent évidemment pas la situation de la même manière. Jacqueline, qui souffre de problèmes d’audition, explique par exemple être beaucoup moins gênée. «Quand je suis à l’intérieur, ça ne me dérange pas», raconte-t-elle. Les visiteurs, en revanche, remarquent rapidement le trafic aérien. «Ceux qui viennent à la maison et qui ne sont pas du coin me disent : “Dis donc, qu’est-ce qu’il est passé comme avions !”», mais elle ne le remarque pas assure-t-elle hilare.
Un décret à partir du 1er janvier 2027
Après des années de mobilisation, le collectif a obtenu une évolution de la réglementation. À compter du 1er janvier 2027, la programmation des vols commerciaux sera interdite la nuit : de 23 heures à 6 heures pour les décollages et de 23h30 à 6 heures pour les atterrissages. Mais Chantal Beer-Demander insiste sur la nuance : il s’agit d’une interdiction de programmation, et non d’un véritable couvre-feu.
«Si un avion a du retard parce qu’il a enfilé beaucoup trop de rotations dans la journée, il ne sera pas sanctionné», regrette la présidente du collectif. Selon les chiffres avancés par le collectif, 180 mouvements commerciaux ont été enregistrés à Toulouse entre minuit et 6 heures au cours de l’été.
Un comité de surveillance du trafic aérien doit permettre de suivre les compagnies qui ne respecteraient pas la nouvelle réglementation. Mais, pour l’association, le dispositif manque encore de fermeté. «Tant qu’il n’y a pas quelque chose de ferme comme à Orly, Beauvais, Mulhouse ou Strasbourg, où il y a de vrais couvre-feux, on n’aura aucune garantie d’avoir moins de bruit», estime Chantal Beer-Demander.
Pour les riverains mobilisés dimanche, l’entrée en vigueur du décret en janvier prochain constitue donc une avancée, mais pas encore la fin du combat contre les nuits perturbées par le passage des avions.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














