Une équipe de chercheurs coordonnée par le Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (Legos), basé à Toulouse, vient de publier une étude qui revoit fortement à la hausse la fonte de la péninsule Antarctique. Grâce à une méthode d’analyse inédite, les scientifiques ont mis en évidence une perte de glace bien plus importante que les estimations précédentes.
La fonte de la péninsule Antarctique serait encore plus rapide qu’on ne le pensait. C’est la conclusion d’une étude coordonnée par le Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (Legos), unité toulousaine associant le CNES, le CNRS, l’IRD et l’Université de Toulouse.
Les chercheurs estiment que cette région perd désormais près de 42 milliards de tonnes de glace chaque année, soit l’équivalent d’environ 40 000 piscines olympiques par jour.
Une précision inédite
Pour parvenir à ce résultat, l’équipe a analysé des centaines d’images satellites et des modèles numériques de terrain couvrant la période 2006-2022.
Cette nouvelle méthode a permis d’améliorer considérablement la précision des observations. La résolution des cartes de changement d’élévation est ainsi passée d’un kilomètre à seulement 30 mètres, offrant une vision beaucoup plus fine de l’évolution des glaciers.
Grâce à cette avancée, les scientifiques ont identifié qu’une trentaine de glaciers seulement concentrent près de 80 % des pertes de masse observées sur la péninsule Antarctique. Dans certaines zones du nord de la péninsule, l’amincissement dépasse même 20 mètres par an.
Pour les chercheurs, cette meilleure résolution des données constitue une avancée importante. Cette étude « illustre parfaitement comment la haute résolution spatiale permet de mieux comprendre la dynamique des zones côtières complexes, essentielle pour affiner nos projections sur la hausse du niveau des mers », écrivent-ils.












