Le préfet de la Haute-Garonne s’apprête à autoriser une nouvelle opération de lutte contre le Xénope lisse, un amphibien invasif originaire d’Afrique. Détectée dans plusieurs bassins du quartier Montaudran, à Toulouse, cette espèce est considérée comme une menace pour les écosystèmes aquatiques locaux.
Le combat contre les espèces invasives se durcit en Haute-Garonne. Le préfet a lancé une consultation du public en vue de renouveler une autorisation permettant de capturer et détruire le Xénope lisse (Xenopus laevis), une grenouille aquatique originaire d’Afrique, repérée dans plusieurs bassins du quartier Montaudran, au sud-est de Toulouse.
L’espèce est particulièrement surveillée en raison de son fort potentiel reproducteur. Très adaptable, elle peut coloniser aussi bien les mares que les étangs, fossés, bassins de rétention ou petits cours d’eau. Surtout, elle est un redoutable prédateur de poissons, d’invertébrés et d’amphibiens, menaçant directement la biodiversité locale. Porteuse saine de maladies pouvant provoquer d’importantes mortalités chez les amphibiens indigènes, elle représente également un risque sanitaire pour les écosystèmes aquatiques.
Plusieurs bassins concernés à Montaudran
L’arrêté vise plusieurs sites situés à Toulouse : un bassin de rétention d’Autoroutes du Sud de la France (ASF), trois bassins de la ZAC Toulouse Montaudran Aerospace ainsi que le bassin du Jardin Brésilien, dans le parc de la Ligne. L’autorisation serait valable jusqu’au 31 décembre 2027.
Les opérations seront menées par le Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie (CEN Occitanie), avec l’appui de plusieurs partenaires, dont l’Office français de la biodiversité (OFB), Toulouse Métropole, la Ville de Toulouse et la DREAL Occitanie.
Capturés puis euthanasiés
Concrètement, les xénopes seront capturés à l’aide de nasses et d’épuisettes. Les œufs et les larves seront éliminés grâce à un traitement à la chaux vive des bassins. Les adultes, eux, seront euthanasiés par un vétérinaire avant d’être envoyés vers une filière d’équarrissage. D’autres espèces exotiques envahissantes éventuellement capturées, comme l’écrevisse de Louisiane ou la perche soleil, seront elles aussi détruites.
Avant la signature définitive de l’arrêté, le public a été invité à donner son avis dans le cadre d’une consultation organisée par la préfecture.














