Une vidéo tournée par un passant montre la violence de l’affrontement entre plusieurs policiers municipaux et un homme armé de couteaux, lundi 10 août, près de la place Wilson à Toulouse. Deux agents ont été blessés. Le suspect, visé par une enquête pour tentative de meurtre, a été hospitalisé en psychiatrie après la levée de sa garde à vue.
La scène ne dure que quelques instants, mais témoigne de l’extrême violence de l’intervention. Lundi 10 août, vers 18 heures, un passant a filmé l’affrontement entre des policiers municipaux de Toulouse et un homme armé, rue d’Austerlitz, à deux pas de la place Wilson.
Sur ces images, plusieurs agents tentent de maîtriser l’individu sur un trottoir particulièrement étroit. Leur progression est compliquée par les barrières métalliques installées le long d’un chantier. Dans cet espace exigu, l’homme oppose une résistance acharnée aux policiers.
L’un des agents fait usage d’une bombe lacrymogène à très courte distance pour essayer de le neutraliser. Le gaz ne semble toutefois pas produire immédiatement l’effet recherché. L’individu continue de se débattre tandis que les policiers tentent de l’empêcher de porter de nouveaux coups. Après plusieurs secondes d’une lutte particulièrement intense, l’un des agents parvient à le saisir au niveau du cou et à l’entraîner au sol. Ses collègues peuvent alors participer à sa maîtrise et à son interpellation.
Trois couteaux retrouvés
L’agression avait commencé quelques instants plus tôt. Trois policiers municipaux patrouillaient dans le secteur lorsqu’un homme agité se serait approché de leur véhicule. Selon les premiers éléments recueillis, il aurait tenté d’atteindre l’un des agents avec un couteau après que celui-ci eut abaissé sa vitre.
Les policiers sont alors sortis du véhicule pour l’interpeller et éviter qu’il ne s’en prenne à d’autres personnes. Après avoir réussi à lui retirer une première arme, ils auraient découvert que le suspect possédait deux autres couteaux.
Deux agents, dont une policière, ont été blessés. Une lame a atteint l’un des policiers au cou, à proximité de la carotide, tandis que le gilet pare-balles de sa collègue a été profondément entaillé au niveau du flanc. Leurs blessures se sont finalement révélées légères. Tous deux ont été pris en charge au CHU de Rangueil.
Des propos à connotation terroriste auraient également été prononcés pendant l’agression. Leur réalité et le contexte dans lequel ils ont été tenus doivent encore être établis par les investigations.
« On est passés à deux doigts du pire »
Dans les heures qui ont suivi, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a adressé son soutien aux agents blessés, à leurs familles et à leurs collègues. Son adjoint chargé de la sécurité, Émilion Esnault, a salué des policiers « très courageux, très pros et en maîtrise d’eux-mêmes », estimant que la ville était « passée à deux doigts du pire ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a également réagi mardi 11 août. « J’adresse tout mon soutien aux policiers municipaux blessés hier à Toulouse par un individu armé, qu’ils sont parvenus à interpeller avec courage », a-t-il déclaré, apportant aussi son soutien au maire et à ses « équipes meurtries ».
Une enquête pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique a été ouverte par le parquet de Toulouse et confiée à la police nationale afin de déterminer précisément les circonstances et les motivations de l’agression.
Placée en garde à vue, la personne interpellée a été examinée par un médecin. Celui-ci a jugé son état de santé incompatible avec la poursuite de la mesure. Sa garde à vue a donc été levée mardi matin et l’homme a été conduit aux urgences psychiatriques de l’hôpital Purpan. Les enquêteurs devront attendre que son état permette une audition pour tenter d’éclaircir son geste.















