L’été 2026 s’est révélé particulièrement éprouvant pour les pompiers de Haute-Garonne. En quinze jours à peine, entre le 22 juin et le 5 juillet, le SDIS 31 est intervenu sur plus de 100 départs de feu à travers le département, pour plus de 140 hectares parcourus. Depuis le 24 juillet, la Haute-Garonne est placée en vigilance très élevée par Météo-France, ce qui a déclenché l’activation d’un arrêté préfectoral aux restrictions strictes.

Un été 2026 hors norme pour le SDIS 31
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’activité opérationnelle liée aux feux de végétation a bondi de près de 50 % par rapport à la normale dès le début de l’été, sous l’effet d’une sécheresse précoce combinée à des températures élevées et à un vent modéré qui favorise la propagation des flammes. À cela s’est ajoutée une période de moissons particulièrement intense, puisque les engins agricoles constituent historiquement l’une des principales sources de départs de feu en plaine. Christophe Ghiani, sous-directeur métiers au SDIS 31, souligne également l’impact du passage de la tempête Nils : les arbres morts, déracinés ou couchés au sol se retrouvent en contact direct avec les broussailles, ce qui en fait un combustible d’autant plus facilement inflammable que la végétation est déjà asséchée.
Sur les 68 hectares partis en fumée lors des seuls événements majeurs de la première quinzaine, les incendies ont touché des forêts, des surfaces agricoles et des zones de broussailles, montrant que le risque ne se concentre pas sur un seul type de milieu. Le SDIS 31 a par ailleurs prêté main-forte aux départements voisins de l’arc méditerranéen, durement frappés par des feux d’une autre ampleur.
Les zones géographiques les plus exposées
La géographie de la Haute-Garonne dessine plusieurs secteurs où le risque est structurellement plus élevé en période estivale. Les coteaux du Lauragais, à l’est du département, concentrent à la fois des grandes cultures céréalières et des bois secs exposés au vent d’autan, ce qui en fait une zone particulièrement sensible pendant et après les moissons. Le nord du département, du côté de la Save et du Touch, combine zones agricoles ouvertes et bosquets de feuillus, souvent négligés en matière de débroussaillement.
Plus au sud, les contreforts pyrénéens présentent un profil différent mais tout aussi préoccupant : les forêts de feuillus et de résineux y côtoient des friches et des landes, et le risque y est amplifié lorsque le foehn souffle depuis l’Espagne. Les zones péri-urbaines de la métropole toulousaine, enfin, concentrent un combustible souvent négligé : les lisières entre zones pavillonnaires et espaces naturels, où les végétations sèches s’accumulent sans entretien régulier, constituent des points de départ fréquents.
Ce que l’arrêté préfectoral interdit depuis le 24 juillet
Depuis l’activation de la vigilance très élevée le 24 juillet 2026, l’arrêté préfectoral du 9 juillet est entré en application et impose des restrictions claires, valables jusqu’au 1er septembre 2026. Le camping sauvage et tout apport de feu dans les massifs forestiers sont formellement interdits. L’utilisation de tout matériel susceptible de produire des étincelles ou un échauffement, qu’il s’agisse d’une disqueuse, d’un broyeur ou d’une tronçonneuse, est interdite dans les espaces naturels entre 12h et 20h.
Les travaux agricoles, forestiers et d’entretien de voiries sont soumis aux mêmes restrictions horaires, puisque c’est précisément en milieu de journée que la végétation est la plus sèche et que le risque de départ de feu est le plus fort.
Un contexte national qui s’aggrave
La Haute-Garonne ne fait pas exception dans un tableau national préoccupant. Depuis un arrêté du 13 avril 2026, le nombre de départements soumis à obligation légale de débroussaillement est passé de 48 à 52, témoignant d’une extension géographique du risque que les scientifiques attribuent directement au changement climatique, lequel accentue l’assèchement des sols et allonge la saison à risque.
Pour suivre le niveau de vigilance en temps réel et consulter les zones sensibles, le site de Météo-France met à jour quotidiennement sa carte de la météo des forêts. En cas de départ de feu constaté, le réflexe reste le même : composer immédiatement le 18 ou le 112.














