Entre Toulouse, Tarbes et Paris, Julie Gras jongle entre son activité de mannequin et ses études. Après avoir été repérée à la Fashion Week de Paris en 2024, elle a dû se résigner à décliner certaines propositions pour se consacrer pleinement à ses études. Après quoi, alors, elle songe à partir faire carrière en Asie où elle rêve de défiler pour Chanel. Voici son histoire.
À 18 ans, elle a fait des photos « sans attendre grand-chose ». À 22 ans, la voilà mannequin professionnelle, courtisée par plusieurs agences. La vie de la Tarbaise Julie Gras a pris un virage à 360 °C le jour où elle a défilé pour la première fois à la fashion week parisienne. « Coralie Claverie, la photographe avec qui j’ai posé, m’a conseillé d’aller plus loin, elle trouvait que j’étais douée. Alors, à la fin du lycée, je me suis inscrite à Top Model Europe », raconte-t-elle de sa voix fluette. Au départ, 25 000 candidats postulent. À Toulouse, où la Bigourdane est sélectionnée grâce à un shooting photo, ils ne sont déjà plus que 3 000.
À Paris, elle arrive avec son 1,75 m et ses 52 kg parmi les 30 finalistes. « J’étais encore timide mais j’ai réussi à accéder à la demi-finale après deux jours d’épreuves », se souvient-elle. Julie Gras défile avec une tenue inspirée de l’univers de Jean-Paul Gaultier. Elle marche ensuite pour le créateur africain Christian Manzala. À la fin, la Pyrénéenne ne gagne pas le concours. Mais elle décroche un contrat de trois ans avec l’agence Universal Models qui l’a repérée sur le catwalk. Nous l’avions alors laissée là, des rêves plein la tête alors qu’elle venait d’entamer sa première année d’étudiante en école d’art à Toulouse.
Des défilés refusés pour réviser ses examens
Depuis, elle a signé dans la Ville rose avec une autre agence, Anakena pour trois ans. « J’ai décliné des propositions de défilé à Paris notamment pour Mango où on me conseillait de déménager. Mais pour moi, la priorité tient actuellement à mes études, c’était un choix assez difficile que de devoir dire non », confesse la jeune femme. Dommage, les défilés tombaient pendant ses examens. À Toulouse, elle se présente au casting Elite qui a eu lieu en juin dernier. Une nouvelle fois, elle est victime de son succès : l’agence réputée la veut mais Julie joue la montre, c’est encore trop tôt, elle doit d’abord finir ses études.

Une séance photo pour le Stade toulousain ? Impossible, elle est encore en partiels. « J’ai commencé une licence en japonais qui me passionne. Je pense avoir également dans le cadre du mannequinat des atouts pour le marché asiatique où je pourrais finir mes études », annonce-t-elle. Séoul, Tokyo ou Shanghai, son cœur balance. Elle doit prochainement partir en repérage avec son agent.
Bientôt dans des publicités pour Décathlon
Car le mannequinat, Julie Gras le sait, n’est pas une mince affaire. « D’abord en termes de mensurations. On n’a pas toujours le temps de manger même si on est coiffé et maquillé. Ensuite, moralement, c’est intense. On n’a pas le droit aux faux pas, beaucoup de filles pleurent à la fin des journées de défilé. Enfin, le rythme. On arrive très tôt le matin et on repart très tard le soir. Au bout d’un moment, j’en ai souffert. Après une grosse journée de shooting ou de défilé, je reste cloîtrée dans mon appartement pendant une journée pour recharger », détaille-t-elle. Dans son amphithéâtre, peu d’étudiants savent que Julie est mannequin. Ils seront alors surpris de la découvrir cet hiver, dans des publicités pour Décathlon avec qui elle a décroché un contrat. Des photos en ski pour le site et des affiches avant, peut-être une nouvelle expérience à la fashion week de 2027 et après alors, une aventure asiatique. Et, qui sait, réaliser son rêve en défilant pour Chanel.














