Le pluviomètre de Gérald, habitant de Cintegabelle, a recueilli 86 mm d’eau lors du violent orage du jeudi 20 août, entre 22 h 15 et 22 h 55. Une mesure impressionnante, supérieure aux estimations de Météo-France, mais confortée par plusieurs témoignages d’habitants du secteur.
Le pluviomètre s’est rempli à une vitesse vertigineuse. Jeudi 20 août, entre 22 h 15 et 22 h 55, Gérald B., habitant de Cintegabelle, au sud de Toulouse, affirme avoir recueilli 86 mm de pluie. La conversion est implacable : un millimètre de précipitations correspond à un litre d’eau tombé sur un mètre carré. Dans son jardin, l’orage aurait donc déversé 86 litres au mètre carré en seulement quarante minutes.
Une quantité considérable, proche de deux mois de pluie d’un mois d’août ordinaire dans la plaine toulousaine. Mais cette mesure domestique doit être maniée avec précaution : l’emplacement, la forme et l’entretien du pluviomètre, ou encore les éclaboussures, peuvent influencer son résultat.
« Un vent terrible », mais pas de grêle
Sous la publication Facebook de Gérald Blanchard, les témoignages donnent la mesure de la violence, mais aussi du caractère très localisé de l’orage. Sur les hauteurs d’Auribail, Raymonde indique avoir recueilli « 40 mm pendant l’orage », puis 17 mm au cours de la nuit, « sans grosse violence ». À Gaillac-Toulza, le pluviomètre de Marie-Christine Arazils, limité à 50 mm, a débordé. « Nous aussi, il débordait », lui répond une autre habitante.
Interrogé sur d’éventuelles chutes de grêle ou des dégâts, Gérald répond : « Pas de grêle, mais un vent terrible ! » Brunhild raconte, elle, que son toit « a coulé de partout avec le vent en plus ». Un autre internaute assure que son récupérateur d’un mètre cube « n’a jamais été aussi vite rempli ». La pluie a également rempli une piscine et même, selon un habitant, son lac.
Quelques kilomètres peuvent toutefois tout changer. À Saverdun, Vincent a mesuré 35 mm en quarante minutes, soit moins de la moitié du relevé de Cintegabelle. Face à son étonnement, Gérald réplique avec humour : « Regardez la photo, je ne l’ai pas rempli avec l’eau du robinet ! »
Météo-France estime plutôt le cumul à 50 mm
« Cela semble un peu surestimé », observe Manon Le Dain, de Météo-France. L’analyse des images radar confirme néanmoins le passage d’une cellule très pluvieuse sur Cintegabelle. « L’estimation radar nous donne plutôt autour de 50 mm, ce qui reste conséquent », précise-t-elle.
À Montaut, quelques kilomètres plus au sud, le pluviomètre du réseau officiel a enregistré 33 mm entre 22 heures et 23 heures. Cette différence n’invalide pas totalement le relevé de Gérald : les précipitations orageuses peuvent présenter des écarts considérables sur une très courte distance. « Les orages forment des couloirs », résume d’ailleurs une internaute.
Le 20 août, la dégradation a produit des cumuls remarquables dans plusieurs départements, selon la Chaîne Météo : 79,5 mm à Bénéjacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, 64,3 mm à Tarbes et 50,1 mm à Bellegarde-en-Diois, dans la Drôme. Sur l’ensemble de l’épisode, jusqu’au vendredi matin, 122,8 mm ont été mesurés à Levens, dans les Alpes-Maritimes, 102 mm à Puy-Saint-Martin, dans la Drôme, et 101,3 mm à Bénéjacq.
Déjà 80 mm en Haute-Garonne en août 2024
La Haute-Garonne a déjà connu des épisodes estivaux comparables. Le 14 août 2024, Météo-France avait mesuré 80 mm en 24 heures à Montesquieu-Lauragais, dont 47,5 mm en une seule heure. Palaminy avait reçu 61 mm et Rieumes 56,6 mm.
À Toulouse-Blagnac, le mois d’août le plus arrosé reste celui de 1983, avec 151,9 mm. À l’échelle du Sud-Ouest, 80,9 mm étaient tombés en une heure à Agen en septembre 2021, et 128,8 mm en trois heures, rappelle Météo France. Le record régional sur trois heures atteint 140 mm à Sainte-Livrade-sur-Lot, le 27 juillet 2006.














