Moby devait être l’un des grands moments de la saison du Poney Club. L’artiste américain a créé la surprise avec un DJ set largement éloigné de ses tubes les plus connus. Une partie du public, venue écouter ses morceaux emblématiques, n’a pas caché sa déception et certains ont même quitté les lieux avant la fin. À l’inverse, les amateurs de techno ont salué un set audacieux et énergique. Reportage.
Soirée de légende au Poney Club jeudi soir. En invitant Moby, monstre sacré, sur la scène de l’open air géant de Blagnac, pour l’un des moments phares de la saison, Mick Athias et Amine Britel ont tapé très fort. Le musicien-producteur-activiste américain aux 20 millions de disques vendus a littéralement bercé nos trente dernières années. Complète depuis deux mois, cette date a attiré 4 500 personnes, dont certaines étaient avides d’entendre leurs tubes préférés.
Mais ici, point de « Porcelain » ou de « Natural Blues » dans leur version originale. Ceux qui s’attendaient à écouter le best of de Moby en live ont été extrêmement déçus, eh oui, messieurs dames, il s’agissait d’un DJ set. « Moby est un génie de la création contemporaine depuis les trente dernières années, et entendre seulement deux fois une minute de ce génie créatif, c’est un peu dur à comprendre », commente l’un d’entre eux sur les réseaux.

« On est arrivé, on était chaud, et on s’est barré avant la fin à 23 h après une heure quinze de souffrances. On est venu écouter la musique de Moby, que tout le monde connaît, et là on n’a pas compris, que des morceaux fantômes », dénonce un autre. « Tu achètes le billet sur le nom de l’artiste, et en fait il sort sa collec’ de musiques préférées et tu découvres que… t’as pas du tout les mêmes goûts musicaux que lui », renchérit un troisième.
« Un moment fabuleux »
Effectivement, l’artiste a sorti l’artillerie lourde avec un set audacieux où il a marié la house de Chicago et la techno industrielle, assez éloigné de son univers FM. Avec une énergie folle, il a servi une musique qui, certes, regarde les années 90, mais sans pour autant les célébrer à la façon d’un musée. Chez Moby, cette décennie n’est pas un souvenir figé : elle continue de muter et de dialoguer avec le présent.

Et ceux qui aiment la techno et les musiques aventureuses , eux, ont adoré. « Je m’attendais à avoir ses musiques qui m’ont accompagné durant ces années mais quelle découverte ! Ou plutôt re-découverte ! », s’emballe un spectateur. « On s’attendait pas à ça, mais ça a tapé fort ! » Un autre sourit : « C’était à en faire un AVC… » « Whouaaaa quel set de malade ! Moby est vraiment un artiste à part. Un moment fabuleux. »
Un orage impressionnant, survenu durant la dernière heure, a ajouté une touche de dramaturgie à la soirée. La foule, trempée, a continué de danser, en vibrant sur les basses, tandis que d’autres ont préféré prendre la poudre d’escampette sous leurs ponchos pour mieux se remettre « Play », une fois à l’abri dans leur voiture. Chacun son truc ! Une soirée clivante, donc, mais inoubliable.











