Deux boas capturés en moins de 48 heures, un cobra toujours introuvable depuis le printemps, sans oublier plusieurs pythons découverts ces dernières années… En Haute-Garonne, les interventions liées à de grands serpents exotiques se multiplient. Évasions accidentelles, abandons ou détention clandestine : ces animaux à sang froid donnent des sueurs froides aux habitants comme aux secours. On vous explique qui a le droit d’en posséder et ce que risquent les propriétaires en cas de fuite.
Karim voulait simplement changer la batterie de sa Peugeot. Mardi 18 août, peu après 17 heures, cet habitant de Colomiers soulève le capot de sa voiture, stationnée avenue du Général-de-Gaulle. Il recule aussitôt, saisi d’effroi : lové sur le bloc moteur, un boa de plus d’un mètre profite tranquillement de la chaleur.
Police et pompiers sont alertés. Une équipe du SDIS 31 spécialisée dans les nouveaux animaux de compagnie (NAC) extrait le reptile sans le blesser. Aucun propriétaire ne se manifeste et le serpent est confié à l’Institut vétérinaire de Toulouse. S’est-il échappé d’un vivarium voisin ? A-t-il été abandonné ? Faute d’identification et de témoin, son parcours demeure mystérieux.
« L’inconscience de propriétaires d’animaux dangereux » a été dénoncée par la maire de Colomiers, Karine Traval-Michelet, qui a salué l’intervention rapide des policiers et des sapeurs-pompiers.
Un deuxième boa deux jours plus tard
La coïncidence aurait pu prêter à sourire si elle n’avait pas confirmé une inquiétante loi des séries. Jeudi 20 août, vers 7 heures, les pompiers sont de nouveau appelés pour un boa en liberté, cette fois à Montesquieu-Volvestre, rue des Olières, à une cinquantaine de kilomètres de Colomiers.
Le serpent, long d’environ un mètre, s’était échappé de son vivarium. L’unité spécialisée du SDIS 31 le capture rapidement et peut, cette fois, le rendre à son propriétaire. Reste à comprendre comment l’animal a réussi à fausser compagnie à son détenteur.
Un python royal dans le quartier des Minimes, en pleine rue…
Deux boas en moins de 48 heures : l’enchaînement interroge sur les conditions dans lesquelles certains particuliers conservent ces reptiles. Terrarium mal fermé, installation inadaptée, négligence ou abandon lorsque l’animal devient trop encombrant : chaque fuite impose une intervention de spécialistes et peut provoquer une vive panique, même si les boas ne sont pas venimeux.
Les précédents ne manquent pas. En janvier 2026, sept pompiers, épaulés par des spécialistes du risque animalier, avaient été mobilisés à Villefranche-de-Lauragais pour récupérer un python royal échappé de son terrarium. En novembre 2023, un cycliste avait découvert un python d’un mètre sur la voie publique, dans le quartier des Minimes à Toulouse. Le mois suivant, deux autres pythons avaient été retrouvés abandonnés près du lac de Rosel, à Avignonet-Lauragais.
Le cobra de Castelginest n’a jamais été retrouvé
Mais l’épisode le plus spectaculaire reste celui du cobra à lunettes signalé le 12 mai à Castelginest. Une photographie, considérée comme authentique par les autorités, avait déclenché recherches, cellule de crise et fermeture temporaire d’établissements scolaires. Des nasses avaient été posées, des terrains débroussaillés et les enfants formés à la conduite à tenir face au reptile.
En France, la détention d’un serpent exotique n’est pas systématiquement interdite. Elle dépend de l’espèce, de sa dangerosité, de sa taille adulte et du nombre de spécimens détenus. Selon l’arrêté du 8 octobre 2018, un particulier peut ainsi conserver sans déclaration jusqu’à trois boas constricteurs ou boas imperators. À partir de quatre, certificat de capacité et autorisation préfectorale d’ouverture d’un établissement d’élevage sont obligatoires.
Trois ans de prison et 45 000 euros d’amende pour l’abandon d’un boa ou d’un python
Pour les autres boas et pythons dont la taille adulte moyenne atteint au moins trois mètres, ces deux autorisations sont exigées dès le premier animal. La règle est encore plus stricte pour les cobras et les autres élapidés venimeux : un seul spécimen suffit pour imposer certificat de capacité et autorisation préfectorale.
Détenir un serpent soumis à autorisation, comme un cobra, sans certificat de capacité ni autorisation préfectorale peut être puni de trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. L’animal peut également être saisi ou confisqué.
L’abandon volontaire d’un boa, d’un python ou de tout autre animal tenu en captivité constitue aussi un délit : il est passible de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.















