Lundi 17 août, les douaniers de la brigade de Cierp-Gaud, dans le sud de la Haute-Garonne, ont saisi près de 50 kg de cigarettes de contrebande, ainsi que 3,5 kg de tabac à narguilé. Une marchandise destinée au marché parallèle. Comme celui organisé au cœur du quartier de Borderouge à Toulouse. Le carré de la Maourine est une place où le trafic de stupéfiants et de cigarettes est bien installé depuis quelques années. Les habitants s’y sont habitués, tandis que les commerçants en pâtissent. Nous sommes allés sur place pour en attester.
Tout au nord de Toulouse, le quartier de Borderouge représente une zone dynamique, desservie par le métro et située en bordure de périphérique. Le centre névralgique de ce quartier n’est autre que le carré de la Maourine, une place vivante aménagée depuis une dizaine d’années et équipée de nombreux commerces (centre commercial, restaurants). Pourtant, le lieu se retrouve depuis plusieurs années lié à des affaires de trafic de drogue et de cigarettes de contrebande ainsi qu’à des faits divers violents.
Sur place, au milieu des résidences, nous remarquons rapidement beaucoup de passage mais surtout deux individus qui semblent trafiquer, à proximité des commerces. Dans la foulée, une voiture s’arrête à leur niveau. S’agit-il d’une transaction ? La voiture sert-elle à fournir les trafiquants en cartouches de cigarettes ? Plusieurs hypothèses sont possibles.
La police municipale aux aguets
Peu après, l’un d’entre eux se met à parler au téléphone. Est-il averti d’une possible visite des forces de l’ordre, comme c’est parfois le cas au sein du carré de la Maourine ? C’est également une éventualité. En effet, quelques instants plus tard, une voiture de la police municipale déboule et fait le tour de la place. À partir de l’apparition de cette présence policière, aucune démarche suspecte semblable à un quelconque trafic n’a eu lieu de la part de ces mêmes individus.
Interrogée à propos de ce trafic et de la tension ambiante qui en découle, une commerçante des environs témoigne : « On a entendu parler d’un trafic à proximité des commerces des environs. Bien sûr qu’on a peur, la situation est consternante. Dans le quartier, sans avoir de lien avec le trafic, on sait qu’il est désormais bien ancré. »
Une population environnante habituée
En mentionnant la proximité entre le trafic et les commerces, elle fait notamment référence au bureau de tabac. Les transactions ont souvent lieu aux alentours de ce dernier, qui pourrait faire les frais d’une éventuelle fermeture administrative temporaire comme nous l’avions évoqué en mai dernier.
Quant aux riverains ou familiers du quartier, ils vivent désormais avec cette situation. Une habituée du centre commercial déclare : « En passant, je vois qu’il y a du trafic sur la place, non loin de la sortie du métro ». « Je suis au courant du trafic dans les environs mais je ne me trouve pas directement concernée, donc on s’y fait » lâche de son côté une dame assise sur un banc. Preuve supplémentaire que le trafic de cigarettes est bel et bien implanté dans le quartier de Borderouge.











