L’ouverture d’un second Carrefour Express à moins de 500 mètres de son magasin a fait chuter le chiffre d’affaires de Jonathan Potier. Franchisé du groupe depuis 2013 et responsable Sud-Ouest de l’Association des Franchisés Carrefour (AFC), il appelle le groupe à revoir certaines pratiques commerciales. On vous dit ce que répond le groupe Carrefour.
À force de multiplier les implantations, Carrefour crée aussi une concurrence au sein de son propre réseau. Quelques centaines de mètres suffisent pour voir deux magasins de proximité de la même enseigne. C’est ce qui s’est produit à Saint-Jory, où un second Carrefour Express a ouvert à moins de 500 mètres du magasin de Jonathan Potier, franchisé du groupe depuis 2013. Aujourd’hui responsable Sud-Ouest de l’Association des Franchisés Carrefour (AFC), il tire la sonnette d’alarme.
Comment la situation de votre magasin a-t-elle évolué depuis l’arrivée de ce nouveau Carrefour Express à proximité ?
Après quinze ans d’activité, la situation s’est brutalement dégradée. De juillet 2025 à juillet 2026, on a perdu 300 000 euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, mon entreprise est en danger financier. La seule solution que Carrefour nous propose, c’est de licencier des salariés, et moi je m’y refuse.
Le groupe gagne en ouvrant davantage de points de vente, mais il ne s’occupe pas suffisamment des franchisés qui sont déjà en place. Vous pouvez installer un magasin tous les 50 mètres : tous les magasins travailleront un petit peu, mais ça ne veut pas dire que tous les magasins vont vivre.
Quel est le rôle de l’Association des Franchisés Carrefour ?
Aujourd’hui, notre association défend les franchisés du groupe Carrefour. Notre principale revendication, c’est de pouvoir préserver le pouvoir d’achat de nos clients, mais surtout notre rentabilité. L’objectif est de soutenir un modèle et l’ensemble des franchisés qui se retrouvent dans des situations similaires.
On essaie de se faire entendre collectivement, de rééquilibrer les relations avec Carrefour. Aujourd’hui, on veut simplement un partenariat loyal.
Quelles mesures demandez-vous à Carrefour ?
On demande notamment de pouvoir bénéficier des mêmes tarifs que les hypers et que les supers. Intermarché, Leclerc ou Super U y arrivent très bien pour leurs magasins de proximité. Nous, ce qu’on demande, c’est de pouvoir être compétitifs au niveau de toute notre concurrence et de pouvoir gagner notre vie.
Au bout de quinze ans d’exploitation, je suis encore à 60 ou 70 heures par semaine. Aujourd’hui, je devrais pouvoir avoir un retour sur investissement et commencer à profiter de la vie. Et ce n’est pas du tout le cas.










