Après la décision du Conseil d’État autorisant la reprise des tirs d’effarouchement des ours en Ariège, les associations de protection de l’animal ne désarment pas.
« Notre détermination reste entière », affirment les associations de protection de l’ours. Le Conseil d’État a annulé les suspensions d’urgence des arrêtés du préfet de l’Ariège autorisant des éleveurs et les agents de l’Office français de la biodiversité à mener des opérations d’effarouchement. Une décision dont les associations Pays de l’Ours – Adet, FERUS, Comité Écologique Ariégeois, FIEP, Animal Cross et SNPN ont pris acte. « En annulant les suspensions d’urgence prononcées par le tribunal administratif de Toulouse, la haute juridiction prend la responsabilité d’autoriser la mise en œuvre de tirs d’effarouchement par des civils dans les Pyrénées », soulignent-elles dans un communiqué.
Pour les associations, « confier ces tirs à des éleveurs ou bergers non assermentés et directement impliqués émotionnellement, dans un climat ariégeois marqué par des tensions exacerbées et des destructions illégales d’ours par arme à feu, est une décision inconséquente ». Au-delà de ça, elles regrettent que « le Conseil d’État ait refusé de constater l’illégalité manifeste d’une mesure de perturbation intentionnelle et les risques de traumatismes auditifs et de perturbations graves pour les femelles suitées et leur portée pouvant, à terme, remettre en cause l’état de conservation de l’espèce ». C’est pourquoi elles ne comptent pas s’arrêter là.
Les associations « réaffirment leur détermination à agir en faveur de l’ours »
« Cette décision d’urgence ne clôt pas le débat sur le fond. Nos associations adaptent immédiatement leur stratégie et entendent bien faire respecter le droit européen et la biodiversité ». Ainsi, elles vont mener à « leur terme les recours en excès de pouvoir contre l’arrêté interministériel du 13 juillet 2026 qui a permis cette dérégulation » et exiger « une transparence totale sur le respect des rares obligations prévues, notamment la transmission sous 72h des compte-rendus d’opération et la réalisation d’une étude de vulnérabilité visant à adapter la conduite pastorale avant la saison prochaine ».
En plus de cela, les associations continueront « de démontrer que les moyens de protection “classiques” (gardiennage, parcage nocturne, chiens de protection, gardes nocturnes de bergers d’appui) offrent des taux d’efficacité et d’efficience supérieurs aux détonations sonores, tout en limitant l’impact sur la faune sauvage ». « Nous appelons l’État à cesser de fuir ses responsabilités et à promouvoir et garantir une véritable culture de la cohabitation basée sur la protection effective des troupeaux comme des ours », concluent Pays de l’Ours – Adet, FERUS, Comité Écologique Ariégeois, FIEP, Animal Cross et SNPN.

















