TÉMOIGNAGE. Ce mardi 1er septembre, les portes de la maternité de Muret se referment définitivement. Dans les rues de la ville, plusieurs générations ont arpenté les couloirs de la clinique d’Occitanie. Certaines y sont nées, d’autres y ont donné la vie. Ces mamans témoignent auprès de La Dépêche de leurs souvenirs, sans cacher leur nostalgie.
L’annonce avait fait l’effet d’un coup de massue en mai dernier. Deux cliniques de Haute-Garonne ferment leur maternité, dont celle de Muret.
Déjà depuis le 23 juillet, la clinique d’Occitanie a arrêté « les consultations d’urgence, les hospitalisations et les accouchements ». Mais officiellement, c’est ce mardi 1er septembre que la maternité ferme ses portes. Seuls le suivi des deux premiers trimestres de grossesse et le suivi gynécologique seront assurés. Le reste du parcours des femmes enceintes se fera à la clinique Ambroise-Paré à Toulouse, « ou tout autre établissement de santé de votre choix, dans le respect de votre projet de naissance », précise la clinique.
« Je n’ai pas hésité une seconde »
Sur les réseaux sociaux, comme dans les rues de Muret, les réactions n’ont pas tardé à affluer. « Quelle tristesse ! Je suis le premier bébé né à la clinique », témoigne cette maman, qui a vu son enfant naître en ces lieux également. Preuve que, au-delà de la décision du groupe Elsan, c’est une page de l’histoire muretaine qui se tourne, avec nostalgie.
Cette maternité de proximité était qualifiée de « cocon » par les mamans. Souvent, les obstétriciens voyaient plusieurs générations d’une même famille. Un côté rassurant pour les futurs parents, d’après Coraline, 29 ans : « Je suis de Muret. Ma mère est née ici, moi aussi. Quand je suis tombée enceinte, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai voulu accoucher ici. »
Une fermeture qui divise
Parmi la population, la nostalgie se mêle parfois au sentiment d’abandon. Loin des gigantesques structures urbaines, les mamans saluent une institution « à taille humaine », à l’écoute et bienveillante.
Mais au sud de Toulouse et jusqu’au Comminges, l’inquiétude grandit. « On voit ça partout malheureusement… Notre système de santé souffre, mais ce seront aux parents d’en payer le prix », prédit Gauthier, « vieux Muretain ». « Il faudra pousser jusqu’à la métropole (ou Saint-Gaudens NDLR) mais ce n’est pas évident pour tout le monde. Le territoire est large, nous ne sommes pas tous égaux. »
D’autres entendent les arguments de santé avancés. « J’ai cru voir qu’il y avait eu très peu d’accouchements l’an dernier (160 en 2025 NDLR). La natalité baisse, il faut forcément s’adapter », raisonne Rosalie.
En parallèle de cette fermeture, le groupe Elsan avait indiqué qu’un projet de centre de santé de la femme verrait le jour sur site, pour des soins allant de l’adolescence à la ménopause.
Pour autant, l’émotion reste présente pour les nombreux habitants qui ont côtoyé l’établissement. La nostalgie ne les quittera pas de sitôt, mais les souvenirs non plus. Tous remercient un « personnel en or », alors que Muret voit s’éteindre le premier cri de ses enfants.











