EXCLUSIF. Un véhicule qui ralentit, une portière qui ne s’ouvre pas, des coups de feu qui claquent dans la nuit : dans la soirée du 9 au 10 août 2026, un homme est visé par plusieurs tirs à l’angle de la rue Barbara et de l’impasse Dalida, à Montauban, sous les yeux de deux amis qui, eux, ne seront pas touchés. Le jeune homme, blessé, est pris en charge par les secours avant d’être transféré au CHU de Toulouse Rangueil. Le parquet de Montauban a ouvert une enquête pour tentative de meurtre, confiée conjointement aux policiers de la police judiciaire toulousaine et montalbanaise. Les auteurs des tirs, en fuite à bord d’un véhicule, sont activement recherchés.
Quatre détonations, une rue qui bascule dans le chaos, une victime au sol en quelques secondes à peine. Ce soir-là, entre la rue Barbara et l’impasse Dalida, à Montauban (Tarn-et-Garonne), deux voies attenantes de ce quartier proche du stand de tir militaire du chemin de la Margue, Samir (le prénom a été modifié) et ses deux amis n’étaient que trois silhouettes dans la nuit d’été — jusqu’à ce qu’une voiture ralentisse.
Un déchaînement de violence en quelques secondes
À son bord, plusieurs individus. Un seul geste suffit : l’un d’eux ouvre le feu en direction du jeune homme avant que la voiture ne prenne la fuite. Ses deux amis, debout à ses côtés, n’auront pas une égratignure. Lui s’effondre.
À 23 h 25, les premiers secours arrivent sur place. La scène est alors confuse : de nombreux badauds se pressent déjà autour de la victime, allongée au sol, en sang, pendant que policiers et pompiers tentent de dégager l’espace.
Cinq minutes plus tard, les enquêteurs de la police judiciaire et une équipe médicale d’urgence du Samu 82 rejoignent les lieux. Le jeune homme est installé dans l’ambulance des pompiers et évacué vers les urgences de Montauban, avant d’être transféré, dans la nuit, au CHU de Toulouse Rangueil, où son état nécessite une prise en charge plus poussée.
Sur le bitume, les techniciens de la police scientifique retrouvent un chargeur vide et quatre douilles, compatibles avec un calibre 9 mm. Quatre coups de feu ont bien été tirés ce soir-là : trois ont atteint Samir, le quatrième s’est logé dans la carrosserie du véhicule d’un riverain garé à proximité.
Une plainte formulée depuis un lit d’hôpital
Aux urgences, Samir témoigne que selon lui, l’auteur des tirs et ses complices résideraient dans la même résidence que lui. Le mobile exact reste, à ce stade, couvert par le silence de l’enquête.
Contacté par La Dépêche du Midi, le procureur de la République de Montauban, Bruno Sauvage, confirme la gravité de la qualification retenue. « Les faits ont été qualifiés en tentative de meurtre », précise-t-il, sans entrer dans le détail des investigations en cours. Le magistrat se veut toutefois rassurant sur l’état de santé du jeune homme : « Les jours de la victime, qui a été blessée par trois balles, ne sont pas en danger. »
L’enquête a été confiée conjointement à la Direction territoriale de la police judiciaire (ex-SRPJ) de Toulouse et au commissariat de Montauban. Une cosaisine qui traduit l’ampleur donnée à ce dossier dès les premières heures.
Une enquête tous azimuts, un mobile encore flou
Depuis son lit d’hôpital toulousain, Samir a depuis pu être entendu plus longuement par les enquêteurs. Quatre individus, dont le tireur, ont pris la fuite à bord du véhicule et font l’objet de recherches actives. La balle logée dans la carrosserie du véhicule du riverain a, elle aussi, été envoyée au laboratoire de la police scientifique de Toulouse, aux côtés des autres éléments balistiques recueillis sur place.
Le mobile de cette fusillade reste, pour l’heure, entouré d’incertitude. Un contentieux lié à un trafic de stupéfiants ? Une cible identifiée sans erreur possible, puisque seul Samir a été visé alors que ses deux amis se tenaient juste à côté de lui ? Aucune piste n’est privilégiée à ce stade, et l’enquête devra déterminer ce qui a conduit, ce soir-là, un véhicule à s’arrêter précisément à la hauteur de ce jeune homme.
















