À Toulouse, les services de police de la DCT (Division de la criminalité territoriale) ont saisi près de 13 kg de drogue et placé en garde à vue six membres présumés d’un réseau de trafic de stups, nourrices et livreurs, qui ravitaillaient les clients dont les commandes étaient passées depuis un compte crypté Telegram. Son nom ? Pink Town, pour Ville rose. Cocaïne, herbe, résine de cannabis, mais aussi LSD, ecstasy ou kétamine… Valeur marchande : près de 320 000 euros.
Valeur marchande affichée : 320 000 euros, au prix de revente au détail, dans les rues de Toulouse. Les policiers de la DCT (Division de la criminalité territoriale) viennent de porter un coup au portefeuille d’un groupe structuré autour d’un compte Telegram baptisé Pink Town (Ville rose, NDLR), en saisissant pas loin de 13 kilos de drogue, mardi 25 août.
Un compte Telegram sous surveillance
Au total, six hommes, âgés de 22, 30, 35, 36, 43 et 53 ans, ont été interpellés entre mardi et mercredi, dans la Ville rose et sa proche banlieue, et placés en garde à vue pour trafic de stups. Depuis le mois de juin, les enquêteurs surveillaient le fameux compte Telegram. Les amateurs d’arboriculture appellerait cela un rejeton.
« Il a repoussé sur le réseau crypté suite au démantèlement de deux comptes précédents. L’un d’eux s’appelait Shoptesrêves », confie un spécialiste du dossier. « Les organisateurs demeurent dans l’ombre. On peut même imaginer que celui qui tire les ficelles depuis le départ et qui a reconstitué le réseau de distribution est une seule et même personne ».
« Soirées festives ou de débauche »
De ce chef supposé, on ne saura rien d’autre. « Il n’est pas identifié à ce stade », confirme une source. Ceux que les policiers ont interpellés sont soit des nourrices, soit des livreurs. « Les nourrices préparent la marchandise. Les livreurs l’apportent à une clientèle fidèle. Comme d’habitude, on trouve du cannabis et de la cocaïne. Mais il y avait un tas d’autres produits particuliers ».
En l’espèce, de la kétamine, de la MDMA ou des buvards de LSD. « Ces drogues sont utilisées par une clientèle dotée de certains moyens, lors de soirées festives, chemsex ou de débauche. Le réseau livrait plusieurs centaines de clients par jour », précise un enquêteur.
Six hommes en garde à vue
Dans le détail, les forces de l’ordre ont saisi : 4,4 kg d’herbe, 1,9 kg de kétamine, 1,9 kg de résine de cannabis, 1,2 kg de cocaïne, 1,1 kg de MDMA, 700 g de MMC, 350 g de champignons hallucinogènes, 730 buvards de LSD et 1 500 comprimés d’ecstasy. Un véritable supermarché de la drogue.
Une « faible quantité d’argent liquide » – 3 000 euros – a été retrouvée en perquisition. « C’est un fonds de roulement. Manifestement, ils venaient de reconstituer les stocks de produits », décrypte l’une de nos sources. Selon cette dernière, les six hommes en garde à vue, dont l’un est défendu par Mes Sarah Nabet-Claverie et Eric Mouton, « n’ont pas le profil habituel ». Certains présenteraient même un casier vierge. Leurs gardes à vue se poursuivent.















