La région Occitanie a fait don en début d’année de 30 ordinateurs à l’école du CHU de Toulouse. L’objectif est de permettre aux enfants hospitalisés de poursuivre leur scolarité. En cette rentrée 2026-2027, c’est une aide bienvenue.
L’école des enfants et des adolescents hospitalisés de Toulouse Purpan prend en charge 327 élèves depuis septembre, de la petite section à la terminale. Les 30 ordinateurs portables fournis par la région Occitanie permettent aux élèves de suivre leurs cours plus facilement et de faire de nouveaux exercices. Les 20 enseignants donnent des cours de mathématiques, physique-chimie, histoire-géographie, français, anglais et espagnol, en petite classe ou directement au chevet des patients.
“Allez les filles, on se met au travail !” s’exclame Marie Alvespi, professeure de mathématiques à l’école du CHU Toulouse depuis 3 ans. Ce jour-là, elle donne cours de programmation informatique devant trois élèves, dont Laura, hospitalisée pour des troubles du comportement alimentaire. “Là, on doit faire un carré”, explique-t-elle en pointant du doigt son ordinateur. La jeune fille est en classe de troisième, elle passe le brevet à la fin de l’année. “J’ai un peu peur parce que c’est un premier examen et je ne sais pas trop comment ça va se passer », s’inquiète-t-elle.
« On a le temps de répondre vraiment à la demande de l’enfant”
Hospitalisée depuis 1 mois et demi, elle ne sait pas quand elle va pouvoir retourner dans son collège d’origine. “Heureusement qu’on peut suivre les cours à l’hôpital parce que ça permet de garder le lien avec la scolarité et de ne pas perdre le fil”, se rassure-t-elle.
Marie Alvespi est confrontée à ce type d’inquiétude au quotidien. “On est là pour les rassurer, pour leur dire que tout va bien. Et puis un cours en individuel, ça vaut 3 cours en classe entière”, assure-t-elle. Léonie confirme, “c’est un peu comme un cours particulier, ça permet de dire tout de suite si on ne comprend pas.” L’école organise aussi des épreuves de brevets et de baccalauréats blancs. Les élèves qui le souhaitent peuvent même passer l’épreuve officielle à l’hôpital.
Avant d’intégrer le CHU, la professeure de mathématiques enseignait au collège classique. Elle a découvert l’enseignement spécialisé en donnant des cours à domicile aux enfants qui ne pouvaient pas se déplacer dans son établissement. Contrairement au collège, où les classes font en moyenne 30 élèves, “ici, on a le temps de répondre vraiment à la demande de l’enfant.”
L’école, un moyen de mieux vivre l’hospitalisation
Marie Alvespi est confrontée à tout type de situations. “Quand c’est une phobie scolaire, on va faire un cours plus court. Il y a aussi des enfants qui sont fatigués, on s’adapte sur le moment”, raconte-t-elle. Sa collègue, Hélène Segura, professeure d’espagnol, confirme que “la priorité reste le soin. Ça peut nous arriver d’interrompre le cours pour des raisons de santé.”
L’école peut aussi être un moyen de mieux vivre l’hospitalisation. La professeure de mathématiques se remémore un de ses élèves qui “allait mal”. “On commence le cours, il se prend au jeu et à la fin, il me dit que c’était génial, que c’est passé hyper vite”, raconte-t-elle. “C’est incroyable de se dire qu’on a réussi pendant 40 minutes à leur faire oublier que ça ne va pas”, se remémore Marie Alvespi avec un grand sourire.
“On introduit de la normalité dans un univers médical qui peut être très anxiogène”, ajoute Hélène Segura, la professeure d’espagnol. “On est garant d’une égalité par rapport aux examens et à la scolarité.” Pour certains jeunes, l’enseignement est même “un levier pour accepter une hospitalisation”, raconte la professeure d’espagnol. “C’est rassurant pour eux de se dire que même hospitalisés, ils font comme tout le monde.”
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













