À Bouloc, au nord de Toulouse, Laurence voit sa maison se fissurer un peu plus chaque année. En cause, le phénomène de retrait-gonflement des argiles, lié aux périodes de sécheresse et de fortes pluies, qui fragilise progressivement son terrain. Terrasse qui s’abaisse, carrelage qui s’écarte et fissures de plusieurs centimètres dans une dépendance : la propriétaire, qui vit ici depuis 25 ans, se retrouve aujourd’hui démunie face aux dégâts.
Pour Laurence, vivre avec des fissures sur les murs de sa maison et dans son sol est devenu le quotidien. Depuis une quinzaine d’années, le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA) s’intensifie sur son terrain, à Bouloc, au nord de Toulouse. Au fil des années, certaines fissures se sont agrandies de plusieurs millimètres, tandis que la terrasse et une dépendance se désolidarisent progressivement de la maison.

« Les fissures mesurent plus de 5 cm »
Depuis 25 ans que Laurence vit dans cette maison de Bouloc, elle a eu le temps de voir les fissures évoluer. « Quand on l’a achetée, il n’y en avait pas du tout. Ça a commencé il y a une quinzaine d’années. On commence à voir que la terrasse se désolidarise de la maison. On sent que ça s’abaisse, ça descend vers la pente », raconte la propriétaire.

Dans l’entrée, Laurence a inscrit des repères sur le mur pour suivre l’évolution d’une fissure. « Il y a deux ans, elle mesurait 9 mm ». Même constat dans la cuisine, où le carrelage s’écarte progressivement. « Alors on remet du joint », explique-t-elle.

Pour la maison principale, Laurence ne se montre pas particulièrement inquiète, estimant que le phénomène évolue lentement. Mais dans la dépendance, la situation est bien différente. « Là, j’ai peur. Elle est en piteux état et ça s’accélère rapidement. La porte est désolidarisée. Les fissures mesurent plus de 5 cm. On voit le jour passer à travers », montre-t-elle.

Impuissante face à la situation
Face à la dégradation progressive de sa maison, Laurence estime avoir peu de recours. « Chaque année, j’envoie des photos avec un courrier au maire, qui s’investit. Mais je n’ai jamais essayé de saisir les assurances ou un expert parce que tant que la commune n’est pas reconnue en catastrophe naturelle, on sait que ça ne fera rien ».
Reste alors la question des travaux, dont le coût pourrait rapidement devenir très important. « Ça dépend du coût parce que 70 000 ou 100 000 euros, c’est énorme. Après, si on est reconnu en catastrophe naturelle, je ferai les travaux, accompagnée par de vrais experts. Mais pour le moment… ».
Pour Laurence, au-delà des fissures et des dégâts matériels, c’est aussi un autre sentiment qui s’installe. « On se sent isolé quand ça nous arrive, face aux décisions ministérielles et ensuite isolé par rapport à ce que l’on fait et à ceux en qui on fait confiance », conclut-elle.












