La plainte d’Anticor qui vise Jean-Luc Moudenc pour d’éventuels détournements de moyens de la municipalité au profit de sa campagne électorale de 2020 a donné lieu à de premiers actes d’enquête depuis les dernières municipales.
Déposée moins d’un an avant les dernières municipales, le 6 juin 2025, la plainte de l’association anticorruption Anticor qui vise Jean-Luc Moudenc n’a finalement pas empêché le locataire du Capitole de retrouver son fauteuil en mars dernier. Cette plainte a fait ressurgir, cinq ans plus tard, la précédente campagne, celle des municipales de 2020, survenue en pleine épidémie de Covid. Une élection serrée qui a vu Jean-Luc Moudenc en mauvaise posture au premier tour avant sa victoire face à Antoine Maurice (Archipel citoyen).
Anticor accuse le maire sortant et candidat d’avoir alors, à partir de septembre 2019, utilisé les moyens de la mairie pour faire campagne. L’association s’appuie sur quelque 200 documents, des mails principalement mais aussi des SMS et des notes, échangés entre une douzaine de membres du cabinet, et qui prouveraient que ceux-ci ont fait campagne durant leur temps de travail avec les moyens de la collectivité. Ce que la loi interdit.
Plainte en diffamation
Cette plainte, délocalisée au parquet d’Auch (Gers), qui a ouvert une enquête préliminaire, vient de se traduire par de premières investigations. La police judiciaire toulousaine, saisie peu avant les élections, a diligenté des actes après la victoire de Jean-Luc Moudenc. Des documents ont ainsi été demandés au Capitole par mail et sans déplacement sur place : un organigramme de l’équipe de campagne, les contrats de travail des collaborateurs et de ceux qui ont œuvré pour la campagne… Les policiers devront dire s’il y a eu ou pas confusion des genres. À ce stade, il n’y aurait pas eu d’auditions. L’enquête se poursuit donc à son rythme.
Anticor a également lancé une autre procédure en janvier 2025 : une plainte avec constitution de partie civile au sujet de l’emploi qu’occupe Jean-Luc Moudenc à Bercy comme contrôleur général des affaires économiques. L’association, qui considère que cet emploi est fictif, a déjà été éconduite sur ce sujet par la justice qui a classé sans suite une première plainte de 2022. D’où « l’acharnement » dénoncé par l’équipe du maire lors de cette nouvelle procédure.
Sur ce même sujet, Jean-Luc Moudenc a attaqué en diffamation son opposant Insoumis François Piquemal en juin 2025. La procédure se poursuit et les deux hommes auront rendez-vous devant la justice à une date qui n’est pas encore fixée. Lors de la campagne de mars dernier, le maire avait rendu public un de ses entretiens professionnels avec sa hiérarchie qui louait le travail accompli auprès des organismes contrôlés.












