Rien n’est encore acté mais l’exécutif pourrait demander à la catégorie de retraités percevant une retraite de 2 034 € de participer au redressement des comptes publics. Les plus modestes, en dessous de 1 260 €, resteraient protégés. Et ceux entre 1 260 et 2 034 € auraient une revalorisation partielle. Président de l’association des retraités de Haute-Garonne, Philippe Blanc, 70 ans, est retraité de La Poste où il occupait des fonctions en communication à Toulouse. Il témoigne sur la crainte de cette catégorie de retraités et de la revalorisation des pensions pour combler le trou béant du budget. Interview.
À 70 ans, Philippe Blanc, président de l’association des retraités de Haute-Garonne, a cotisé durant quarante-deux ans. Aujourd’hui, il témoigne sur le sentiment de tromperie ressenti par les seniors sur la possibilité d’un gel des pensions pour renflouer les caisses de l’État.
Depuis dix ans, vous êtes président de l’association des retraités de Haute-Garonne. Que ressent cette catégorie aujourd’hui sur le probable gel des pensions ?
Beaucoup d’inquiétude et un sentiment de tromperie. Pour beaucoup d’entre eux qui ont cotisé durant des décennies, c’est une trahison. Selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, un retraité qui perçoit 2 034 € n’est pas riche mais pas démuni… Peut-être s’il est propriétaire. Mais n’oublions pas que pour être propriétaire il faut avoir payé un crédit durant des années… Mais admettons. En revanche, un retraité locataire n’est pas à l’aise avec 2 034 €. Et peut même être démuni.
Pourquoi ?
Parce que non seulement, pour les locataires, le loyer est là et augmente régulièrement. Tout comme pour tous la consommation au quotidien. Ne serait-ce que l’essence au cœur de l’actualité. Et je ne parle pas des dépenses contraintes comme le gaz, etc. Conclusion : tout augmente et les revenus diminuent. Je peux même vous donner un exemple : je connais un ancien agent de la Poste avec une retraite de 1 200 € en carrière complète. Depuis son divorce, il dort dans un mobil-home… De plus, il y a aussi les frais médicaux plus importants avec l’âge. Avec des mutuelles qui augmentent bien sûr leur tarif voire qui ne prennent plus en charge certains soins à l’exemple des appareils auditifs, les frais augmentent encore. Telle cette senior qui a dû débourser 1 500 € et ce malgré sa mutuelle. Après, vous pouvez certes avoir des soins dentaires à zéro € mais avec des appareils et des dents en plastique fabriqués en Turquie !
Vous dites aussi qu’aujourd’hui beaucoup de seniors se privent de petits plaisirs bien mérités après des décennies d’années de travail…
Et oui. Je vous donne un exemple tout simple : l’adhésion à l’association des retraités est de 21 €. Beaucoup l’ont annulée. Et c’est valable pour beaucoup d’associations alors que cette catégorie est la plus fidèle aux associations… Tout comme la culture ou les vacances.
Vous remarquez aussi que beaucoup de seniors aident leurs enfants et petits-enfants.
Tout à fait. Ils préfèrent aider les jeunes qui se lancent dans la vie plutôt que l’État et ses erreurs. Ils sont d’ailleurs heureux de le faire et considèrent cela comme normal.
En conclusion, les seniors ne sont pas des nantis.
Tout à fait. Les seniors n’ont rien de nantis mis à part une poignée particulièrement aisée. La majorité a beaucoup travaillé, s’est privée pour en arriver à une vie normale et aujourd’hui on leur dit, « rendez ce que l’on vous a donné ». Aberrant. D’ailleurs, on sera présents à la manifestation du 29 octobre pour faire entendre nos voix.











