EXCLUSIF. L’autopsie de Laura, 93 ans, retrouvée morte dimanche 27 septembre dans sa maison du quartier Bourbaki à Toulouse, révèle de probables traces de strangulation et des blessures probablement causées par un viol. Découvert endormi sur la victime, le suspect de 34 ans s’est très peu expliqué devant les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée. Son attitude en audition a conduit à prévoir une expertise psychiatrique dans les prochaines heures. Ce réfugié Soudanais, en situation régulière et au casier judiciaire vierge, devrait être présenté en vue d’une mise en examen.
L’autopsie a révélé de probables traces de strangulation ainsi que des blessures qui auraient été causées par un viol. Les constatations du médecin légiste apportent de nouveaux éléments sur les violences qu’aurait subies Laura(*), 93 ans, dans sa maison du quartier Bourbaki à Toulouse.
Deux jours après la découverte du corps de cette retraitée, dimanche 27 septembre, les investigations progressent. « L’autopsie réalisée le 28 septembre mettait notamment en évidence des lésions évocatrices de violences sexuelles, une fracture costale et du rachis, plusieurs hématomes au niveau de la face ainsi que des lésions traumatiques du cou compatibles avec un mécanisme d’asphyxie. Des analyses anatomopathologiques devront confirmer ces éléments et la cause exacte du décès », précise le parquet de Toulouse.
L’homme de 34 ans retrouvé endormi sur elle s’est, pour l’heure, très peu expliqué. Lors de son arrestation, il aurait agressé les policiers. Son comportement au cours des auditions a ensuite conduit à prévoir une expertise psychiatrique.
Une expertise psychiatrique attendue
Cette expertise devrait être diligentée dans les prochaines heures. Le suspect a été interrogé par les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Toulouse.Ce ressortissant soudanais bénéficie du statut de réfugié et vit légalement en France depuis 2016. Son casier judiciaire est vierge. « Il présentait au moment de son interpellation un taux d’alcool dans l’air expiré de 0,92 milligramme par litre.
Des analyses toxicologiques sont en cours afin de déterminer s’il avait également consommé des stupéfiants. Il sera présenté à un magistrat instructeur dans le courant de l’après-midi en vue de sa mise en examen du chef de meurtre précédé ou suivi d’un autre crime, en l’espèce le crime de viol. Son placement en détention provisoire est requis par le parquet », précise le procureur.
Des tentatives chez les voisins
Les investigations ont également permis de retracer une partie du parcours du suspect avant le drame. Selon les éléments recueillis par les policiers, il aurait tenté de pénétrer chez des voisins avant de s’introduire au domicile de Laura. Voulait-il initialement cambrioler une habitation ? Ses intentions restent à éclaircir. La maison de la nonagénaire ne semblait pas avoir été fouillée.
Handicapée et alitée depuis de longs mois, Laura avait l’habitude de laisser sa porte d’entrée ouverte pour faciliter les allées et venues des soignants et de ses proches. Elle l’avait probablement laissée ainsi ce dimanche. Rien ne permet encore de déterminer si le suspect connaissait cette habitude.
C’est une voisine, surprise d’apercevoir un homme dans le jardin de la retraitée, qui donne l’alerte. À leur arrivée, les policiers recueillent ses explications puis tentent d’ouvrir la porte. Mais celle-ci est fermée de l’intérieur. Cette situation inhabituelle les conduit à poursuivre les vérifications. Les secours finissent par forcer la baie vitrée pour entrer.
Endormi sur la victime
À première vue, personne n’est visible. En progressant dans la maison, les policiers aperçoivent une lumière à l’étage, dans la salle de bains. Ils y découvrent Laura, ensanglantée, avec un homme allongé sur elle. Malgré l’intervention des secours, la nonagénaire ne peut être sauvée. L’homme est vivant. Il se serait endormi après avoir consommé une importante quantité d’alcool.
Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait également déplacé Laura dans plusieurs pièces de la maison, puis dans la salle de bains. La chronologie de ces déplacements et les violences qui les auraient accompagnés restent à préciser.
Reste à reconstituer ce qui s’est passé entre l’intrusion dans la maison de Laura et l’arrivée des secours. Contacté, Me Jacques Derieux, l’avocat du fils de la défunte, s’est refusé à tout commentaire, appelant simplement à respecter la mémoire de la victime.















