À Montpellier, une campagne d’achats-tests menée par Addictions France révèle que 79% des établissements contrôlés ont vendu de l’alcool à des clients mystères mineurs. Bars, cafés, épiceries et grandes surfaces sont concernés. La préfecture de l’Hérault annonce une surveillance renforcée.
« Pour certains, le chiffre d’affaires prime encore sur la protection des mineurs ». L’association Addictions France a a mené une campagne d’achats-tests à Montpellier l’été dernier. Le but de celle-ci : « évaluer le respect de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs ». En tout, 33 établissements ont été testés, dont 12 bars et cafés, 8 épiceries et 13 enseignes de moyenne et grande distribution.
Parmi eux, 26 ont vendu de l’alcool à des clients mystères mineurs. Ce qui représente « un taux de vente illégale de 79% ». Sont concernés 11 des bars et cafés testés, 7 des épiceries et 8 des enseignes de moyenne et grande distribution. La préfète Chantal Mauchet les « met en garde » et indique que ces établissements « seront particulièrement suivis au cours des prochaines semaines ».
Seulement 7 refus de vendre de l’alcool aux clients mystères mineurs
Pour ce qui est des refus, six d’entre eux « reposent sur une simple appréciation à l’oral de l’âge du client » et un sur la présentation d’un justificatif d’identité, « comme l’exige pourtant la réglementation ». « Il peut donc être estimé que, si les clients mystères avaient cherché à dissimuler leur âge réel, seul cet unique établissement aurait donc véritablement fait obstacle à la vente d’alcool ». Il s’agissait, pour information, d’un supermarché.
En plus de ça, « un cas a également été relevé où une épicerie, tout en refusant la vente, a suggéré au clientmystère de demander à un adulte dans la rue d’acheter l’alcool à sa place ». « Un constat alarmant » pour l’association et la préfecture de l’Hérault.
Par ailleurs, alors que « la réglementation impose à tous les débits de boissons d’afficher de manière visiblel’interdiction de vente d’alcool aux mineurs », 64% des établissements montpelliérains testés « présentent une anomalie d’affichage ». En clair, un panneau absent ou non conforme aux exigences réglementaires.
Tous les établissements testés vont recevoir un courrier
Les 33 établissements testés vont recevoir un courrier d’Addictions France. « Cette démarche vise à rappeler les obligations légales applicables à tous les débits de boissons, à valoriser les bonnes pratiques observées et à sensibiliser l’ensemble des professionnels à leur rôle dans la protection des mineurs ».
Addictions France et la Préfecture de l’Hérault les appellent également « à former leurs équipes grâce à un module de sensibilisation gratuit ». D’une durée de 15 minutes, il s’adresse aux gérants, salariés, saisonniers et bénévoles des débits de boissons.

















