À quelques semaines de l’ouverture complète de l’A69 entre Toulouse et Castres, la baisse du péage est compromise. Le Conseil d’État a rendu un avis défavorable sur l’avenant qui prévoyait 41 millions d’euros de financements publics pour réduire la facture des automobilistes.
Le prix du péage de l’A69 entre Toulouse et Castres n’a toujours pas été fixé officiellement, mais la baisse tarifaire espérée par les automobilistes est désormais fragilisée. À moins d’un mois de l’ouverture complète de l’autoroute, le Conseil d’État a rendu un avis défavorable sur l’avenant au contrat de concession qui devait permettre de mobiliser 41 millions d’euros de financements publics supplémentaires. S’ils restent consultatifs, ces avis sont majoritairement suivis par le gouvernement.
Cette enveloppe devait être apportée par l’État et les collectivités afin de réduire le montant payé par les usagers. Le Département du Tarn avait prévu d’y participer à hauteur de 6 millions d’euros. Le dispositif devait notamment entraîner une baisse de 33% du péage sur une partie de l’A69.
Le Tarn demande une solution portée par l’État
Dans le Tarn, c’est la consternation. Christophe Ramond, président du conseil départemental, estime que cette situation aurait pu être évitée. Il rappelle : « En 2021, […] j’ai proposé de maintenir le niveau initial de participation du Département du Tarn (31 millions d’euros initialement prévus, contre 4 millions dans la proposition retenue), à condition que l’État et les autres collectivités s’engagent dans la même direction. » Selon lui, cette contribution plus importante aurait contribué à préserver un péage accessible pour les usagers. « J’ai alerté l’État sur le risque de laisser s’installer un péage trop élevé », affirme-t-il.
Lorsque l’État a sollicité les collectivités en 2025 pour financer une nouvelle baisse des tarifs, l’élu dit avoir interrogé le gouvernement sur la solidité juridique du dispositif. Il affirme que celui-ci lui avait alors présenté un montage considéré comme sécurisé. Montage pour lequel le Conseil d’État vient de rendre un avis négatif. Christophe Ramond demande désormais à l’État de trouver « une autre solution juridiquement incontestable et financièrement supportée par l’État pour contenir le prix du péage », réclame-t-il.
La Voie Est Libre conteste cette lecture
Le collectif La Voie Est Libre, opposé à l’A69, rejette cette analyse. Pour ses membres, le niveau élevé du péage n’est pas une conséquence de l’avis du Conseil d’État. LVEL rappelle que des tarifs avaient déjà été communiqués par Atosca en 2022 : « 6,77 € (tarif 2021) + 1,80 € (A680), soit 17 € l’aller-retour Castres-Toulouse. À ce prix s’ajoutera l’inflation (environ 3 €). C’est le tarif du scandale, de la parfaite inutilité d’une A69 sur un axe dépourvu de circulation », démontre l’association. Ainsi, « le péage n’est pas plus cher que prévu », résume LVEL, pour qui il est simplement très cher.
Par l’avenant aujourd’hui rejeté par le Conseil d’État, « il s’agissait simplement d’injecter de l’argent du contribuable en cours de route pour voler au secours d’Atosca (le concessionnaire), […] mais le bon usage de nos impôts est parfois contrôlé ! » estime le collectif.
Le gouvernement doit désormais décider du sort de l’avenant. Pour les futurs usagers, une question reste en suspens : combien faudra-t-il finalement débourser pour emprunter l’A69 entre Toulouse et Castres ?

















