Un couvre-feu est instauré à Toulouse à partir de ce jeudi minuit dans l’hypercentre après les violences de samedi. Le préfet de la Haute-Garonne, Fabrice Rigoulet-Roze, détaille cette mesure préventive.
Face aux violences survenues en marge des manifestations, la préfecture de Haute-Garonne instaure un couvre-feu ciblé dans l’hypercentre toulousain.
Fabrice Rigoulet-Roze préfet de la Haute-Garonne détaille : « Il va concerner l’hyper centre-ville, la place du Capitole et les rues qui sont autour, c’est en fait la zone qui a été la principale concernée par les dégradations ou tentatives de pillage, il est donc très localisé, très centré géographiquement ». Cette mesure préventive, effective de minuit à 5h du matin de ce jeudi 22 octobre jusqu’au dimanche 25 octobre, vise à restaurer l’ordre public tout en préservant l’activité économique diurne.
Le préfet souligne la nécessité d’anticiper les débordements alimentés par des appels circulant sur les réseaux sociaux. « C’est tout à fait possible, en tout cas moi ma responsabilité c’est d’anticiper au maximum les choses et de prendre les mesures, y compris en prévention, en anticipation, c’est tout le sens de ce couvre-feu dans la perspective de la fin de semaine. »
Impact économique
Les restrictions nocturnes pèsent lourdement sur les acteurs de la vie nocturne et les commerçants du centre-ville, déjà fragilisés par les récentes dégradations matérielles. Tandis que les professionnels déplorent des pertes sèches sur leur chiffre d’affaires, les autorités rappellent l’existence de dispositifs de soutien d’urgence, incluant la prise en charge totale du chômage partiel et des aides à la trésorerie.
Le préfet insiste : la protection des biens et des personnes demeure la priorité absolue de l’État malgré les répercussions économiques. « J’ai bien conscience des difficultés et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité mener une concertation très étroite avec l’ensemble des représentants du monde économique et notamment des commerçants et de la CCI sur le centre-ville de Toulouse, je crois qu’ils comprennent parfaitement le sens de cette mesure ». Selon Fabrice Rigoulet-Roze, les commerçants sont très accompagnés : « Par rapport aux commerçants impactés par les violences, notamment ce week-end, le gouvernement a initié une série de mesures qui vient en soutien, notamment pour ceux qui ont vu leur stock pillé, leur magasin dégradé, avec des mesures à la fois sur le chômage partiel, pris en charge à 100% par l’État, et des mesures des restaurations de la trésorerie pour ces commerces-là. »
Le rôle des réseaux sociaux
L’utilisation des plateformes numériques par des groupes organisés pour planifier des exactions complexifie la tâche des forces de l’ordre, qui doivent composer avec des cortèges infiltrés. Fabrice Rigoulet-Roze revient sur les difficultés lors de la mobilisation 17 octobre préfet de la Haute-Garonne : « Incontestablement, vous l’avez vu, je pense, comme nous, y compris dans la journée de dimanche, ce sont des rendez-vous qui sont donnés, c’est la raison pour laquelle il faut que les forces de sécurité intérieure, et ça a été le cas, conservent en fait toute l’agilité pour pouvoir se déplacer immédiatement. »
Alors qu’une nouvelle manifestation syndicale est en cours d’évaluation pour le week-end à venir, la préfecture insiste sur le dialogue avec les syndicats tout en maintenant un dispositif sécuritaire renforcé. L’objectif consiste à dissocier les revendications pacifistes des actions de casseurs hypermobiles : « J*’ai invité ces syndicats à venir demain, justement pour discuter des modalités de cette manifestation, à la fois en termes d’horaire et le cas échéant en termes de parcours, donc je les ai invités à venir me rencontrer en préfecture demain [jeudi] matin. »*
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555

















