La coupure de la RN 20 est un coup très dur pour l’économie en Andorre, qui met en place une série de mesures pour attirer les touristes. « Entre 60% et 80% de chiffre d’affaires en moins », déplore Xavier Espot, chef du gouvernement de la principauté d’Andorre, invité de ICI Occitanie ce lundi.
Voilà trois semaines que la RN20 est coupée en Ariège à cause d’un éboulement au sud d’Ax-les-Thermes. Et ce n’est que le début, la fermeture est prévue jusqu’au mois de mai. Un événement qui bouleverse la vie de la vallée et les relations entre la France et l’Andorre. Xavier Espot, chef du gouvernement de la principauté d’Andorre, est l’invité de ICI Occitanie ce lundi.
La fermeture de la RN20 implique deux heures et demie de trajet supplémentaires pour les automobilistes français au grand dam du gouvernement andorran. Le gouvernement de la principauté met en place une série de mesures pour attirer les touristes, à commencer par un chèque carburant de 30 euros pour inciter les Toulousains à venir malgré les détours.
ICI Occitanie : Comment Andorre vit cette coupure de la RN20, comment vous vivez depuis trois semaines ?
Xavier Espot : La fermeture de la RN20 qui est la seule voie d’accès, disons, entre la France et l’Andorre à travers le Pas de la Case, évidemment, ça a un impact majeur pour notre pays parce que, bon, finalement, elle affecte énormément la mobilité des personnes et des marchandises aussi, évidemment, qui pèsent énormément sur l’activité économique du Pas de la Case et de l’Andorre en général.
Concrètement, pour que nos auditeurs comprennent bien, quelle est la conséquence la plus grosse, la plus visible ?
C’est surtout une conséquence au niveau économique et au niveau de la mobilité des personnes aussi, il faut penser qu’il y a beaucoup de gens qui viennent chaque jour acheter, chaque jour travailler aussi et la fermeture de cette seule voie d’accès évidemment a un impact notable et majeur.
Ça veut dire moins de monde dans les rues, moins de monde pour acheter de l’alcool, des cigarettes, du carburant notamment ?
Entre autres, mais pas seulement ça, les touristes français, les personnes qui viennent passer la journée achètent plein d’autres produits et viennent aussi en Andorre skier, particulièrement en ce moment, et ils viennent aussi visiter notre pays, visiter notre patrimoine, notre architecture, et cela a évidemment un impact majeur. Pensez que le Pas de la Case, c’est 20% de l’activité commerciale de tout notre pays. Un pays dont le commerce et le tourisme pèsent 40% du PIB, comme quoi une fermeture comme celle-ci a un impact énorme, particulièrement maintenant, au mois de février.
Cela représente combien de personnes en moins dans les rues, par exemple, du Pas de la Case ?
C’est difficile de faire des estimations, mais je peux vous dire que, par exemple, en ce qui concerne le secteur de l’hôtellerie, il est un peu moins touché, dans la mesure où le mois de février est un mois qui travaille énormément avec des tour-opérateurs, ce sont des gens qui s’organisent pour venir via l’Espagne. Mais en ce qui concerne par exemple le commerce, nous en sommes entre 60% et 80% de moins de chiffre d’affaires, ce qui est énorme.
Alors, vous avez quoi comme levier ? Que dites-vous aux Français qui hésitent à rejoindre Andorre en ce moment ? Comment les inciter à venir ?
On a essayé, disons, de faciliter au maximum les choses pour les gens qui, évidemment, doivent faire un trajet beaucoup plus long pour arriver à l’Andorre, et c’est pour cette raison que nous avons activé dès ce dernier week-end un chèque carburant, 30 euros de carburant qui sont offerts par le gouvernement.
Vous offrez de l’essence ?
Exactement, nous compensons d’une certaine façon le surcoût en essence que suppose l’allongement du trajet suite à la fermeture de cette route, parce qu’il faut signaler qu’à la différence de ce qui s’est passé en 2019, l’accès en Andorre est difficile, mais il n’est pas complètement impossible dans la mesure où il y a des voies alternatives. Mais évidemment, ça suppose, de Toulouse en Andorre, par exemple, un trajet où il faut compter deux heures de plus.
Vous avez aussi proposé votre aide à la France pour les travaux ?
La France a tous les moyens, et cela, je crois que c’est important de le mettre en évidence, la communication et les efforts qui sont portés par l’État français, par le biais de la préfecture d’Occitanie et de la préfecture de l’Ariège, il n’y a rien à dire. Ils ont priorisé, ils avancent à très bon rythme. Mais il faut être conscient aussi que nous sommes en train de parler d’un éboulement qui est de caractéristiques compliquées et c’est vrai, nous avons offert dès les débuts, tant sur le plan technique que diplomatique, notre coopération.
Et est-ce que cet éboulement ne repose pas la question du train, est-ce qu’il ne faudrait pas réfléchir à une autre manière de faire rejoindre notre Région et votre pays ?
En tout cas, cette situation, ce qu’elle met en évidence, c’est la forte dépendance de l’Andorre par rapport aux infrastructures routières et des réflexions, évidemment, sont engagées depuis longtemps sur l’amélioration de la mobilité, sur l’amélioration de nos connexions avec l’extérieur. Cet épisode renforce la nécessité de penser particulièrement au rallongement de la connexion ferroviaire qui arrive déjà à L’Hospitalet-près-l’Andorre.
Vous allez demander à Emmanuel Macron quand il va venir en avril vous voir ?
On va en parler, mais je crois aussi que ce n’est pas une question qui concerne exclusivement la France, nous sommes en train de parler d’un territoire qui est compliqué, un territoire de haute montagne. Évidemment, ce serait très très coûteux, mais je crois que si c’est sérieusement envisagé, évidemment, il faudrait aussi mettre sur la table la participation de l’Andorre par rapport à cette infrastructure, mais sans l’accord de la France, c’est impossible. Évidemment la visite d’Emmanuel Macron en avril sera une bonne occasion pour en parler.
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