Après avoir fabriqué et hissé une croix en bois au sommet du pic d’Aneto, dans les Pyrénées, début mai, Maël Lagadec, Montalbanais de 18 ans, a vu son œuvre chuter en contrebas. Deux alpinistes espagnols l’ont replacée au sommet, tandis que l’enquête sur le vol de la croix historique se poursuit.
Elle n’aura disparu que quelques heures, mais suffisamment longtemps pour raviver la colère et l’incompréhension autour du sommet le plus élevé des Pyrénées. La croix en bois installée début mai par Maël Lagadec au sommet du pic d’Aneto, en Espagne, a été retrouvée après avoir chuté plusieurs mètres en contrebas.
Le jeune Montalbanais de 18 ans, devenu viral sur les réseaux sociaux après avoir transporté seul cette croix de 35 kilos jusqu’à 3.404 mètres d’altitude soupçonne fortement un nouvel acte de vandalisme. « Ça ressemble énormément à quelqu’un qui l’aurait jetée dans le vide », affirme-t-il aujourd’hui.
« Ça m’a énormément attristé »
Le 9 mai dernier, cet apprenti paysagiste de Montauban avait entrepris une ascension spectaculaire pour remplacer symboliquement la croix historique du sommet, volée mi-avril dans des circonstances encore inexpliquées.
Sculptée à la main dans du noyer noir et ornée de fleurs de lys, sa croix lui a demandé une vingtaine d’heures de travail. « L’ascension ensuite a été extrêmement difficile. C’était un effort colossal », raconte-t-il. L’initiative a rapidement explosé sur TikTok et Instagram, où ses vidéos documentant cette aventure ont cumulé des centaines de milliers de vues. Entre soutiens, félicitations, et encouragements, Maël dit avoir reçu « près de 50.000 messages ».
Mais le 22 mai, coup de théâtre. Sa croix disparaît à son tour du sommet. « Ça m’a énormément attristé », souffle-t-il. Si aucune preuve ne permet pour l’instant d’affirmer qu’il s’agit d’un acte malveillant, le jeune homme nourrit de sérieux doutes. « La veille, des randonneurs avaient encore pris des photos avec la croix, bien ancrée dans la glace et la neige, et il n’y a pas eu de grosses rafales de vent. Ça ressemble fortement à du vandalisme. »
Retrouvée par deux alpinistes espagnols
Quelques heures après avoir appris la nouvelle, Maël découvre sur Instagram des images inattendues : deux alpinistes espagnols ont retrouvé sa croix plus bas dans la pente et l’ont remontée pour la replacer dans le socle métallique de la croix historique.
« Cette fois, elle est protégée des intempéries et beaucoup mieux fixée », explique-t-il. Pas suffisant toutefois pour le jeune homme, qui prépare déjà une nouvelle expédition afin de vérifier que la croix tient au sommet. « Quand j’y suis allé la première fois, il y avait des conditions qui étaient rudes, avec beaucoup de brouillard, beaucoup de vent, et le socle prévu pour accueillir la croix était enfoui sous la neige. »
Un flou juridique
Si, depuis le départ, son idée est largement saluée, elle soulève aussi des questions. A-t-on le droit d’installer une croix sur un sommet ? « En montagne, la règle, c’est de ne rien laisser derrière soi », reconnaît Maël, alpiniste passionné. Juridiquement, le terrain reste flou. Le jeune homme assure n’avoir reçu « aucun appel ni aucun courrier » des autorités espagnoles, ni des autorités françaises.
Le jeune homme parle d’ailleurs d’une « croix éphémère », destinée à rester provisoirement sur place, dans l’attente du retour éventuel de la croix originelle. Réalisée en bois, sans installation permanente ni transformation du site, son geste se veut avant tout symbolique. « Je ne vais pas mettre des croix partout en montagne », assure-t-il, réfutant toute volonté de « polluer » le paysage pyrénéen. Athée revendiqué, il insiste sur la portée patrimoniale de son action. « Ce n’est pas non plus un acte religieux. Je voulais avant tout défendre un symbole des Pyrénées et montrer qu’il ne faut pas rester impuissant face à ce genre d’actes malveillants. »
De son côté, la Guardia Civil espagnole poursuit son enquête pour retrouver la croix historique en fer, disparue depuis la mi-avril du sommet de l’Aneto.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













