Malgré l’interdiction préfectorale, des militants d’ultra-droite ont déambulé mardi soir dans le centre de Toulouse après la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon. Des heurts ont éclaté dans le quartier Saint-Michel, faisant au moins un blessé léger.
Des fumigènes crachent leur fumée rouge. Des hommes encagoulés réclament « justice pour Quentin ». Quelques minutes après, les chaises gisent au sol, des éclats de verre crissent sous les semelles et une trace de sang sèche sur une chaussure laissée sur le trottoir. L’émotion suscitée par la mort du militant identitaire décédé à Lyon après une rixe, a trouvé un écho tendu à Toulouse.
Vers 21 heures, ce mardi, la tension est montée d’un cran dans le quartier Saint-Michel. D’après nos informations, une dizaine d’individus affiliés à la mouvance d’ultra-droite se sont réunis face au bar l’Évasion.
Une des clientes se serait avancée seule vers le groupe. Elle a jeté un verre à ses pieds pour les intimider. « Rentrez chez vous, on ne veut pas de vous », a-t-elle lancé. Les militants ont reculé. Des clients du bar ont applaudi. Un chant antifasciste est parti et a gagné la terrasse.
« D’un coup ils ont couru vers nous », décrit Camille, un étudiant de 21 ans, qui rentrait chez lui, dans l’immeuble voisin du bar. Ils étaient armés de barres de fer, de ceintures, de couteaux, et de chaînes de vélo », assure-t-il. Des tables ont été renversées, des coups sont partis. Les clients se sont dispersés dans la rue.
Des hooligans derrière ces violences ?
L’étudiant a ouvert le hall de son immeuble et y a fait entrer des inconnus réfugiés derrière la porte verrouillée. « Quand ce groupuscule a quitté les lieux, c’était la désolation : un type avec la pommette ouverte, du verre partout, du mobilier jeté par terre », précise Camille.
#Toulouse — Selon des témoignages et des vidéos prises sur place, des militants d’extrême droite ont rendu hommage au fasciste Quentin D., puis ont attaqué plusieurs passants à l’aide de « matraques, de couteaux et de chaînes de vélo », à proximité de l’Évasion Bar. pic.twitter.com/JEQyMm88nU
— Ricardo Parreira (@ParreirRicardo) February 18, 2026
Des vidéos diffusées puis supprimées dans la soirée montrent des silhouettes vêtues de noir, certaines le visage dissimulé. Des groupuscules locaux, dont Youth Tolosa et Camside, mouvances issues de la sphère hooligan et identitaire toulousaine, sont cités sur les réseaux sociaux. Selon une source en lien avec une victime, une femme affirme avoir été frappée et dit avoir identifié son agresseur présumé. Contrairement à certaines rumeurs relayées en ligne, aucun incident n’a été signalé au bar Ô Bohem, situé dans la même rue.
Ces militants d’ultra-droite ont bravé l’arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement en lien avec le décès de Quentin. Le préfet craignait des affrontements entre groupes antagonistes.
Par ailleurs, selon nos informations, quatre personnes – trois femmes et un homme d’une vingtaine d’années – ont été interpellées vers 20 heures aux abords de la préfecture, en marge de ce qui s’apparentait à une contre-manifestation d’ultragauche. Elles ont été placées en garde à vue. À Saint-Michel, les CRS sont intervenus pour disperser les attroupements.
15 militants d’extrême droite à Toulouse, qui réclament « Justice pour Quentin » avant d’agresser des passants devant l’Évasion Bar. Ils sont prêts, ils ont leur martyr, ils passent à l’action. pic.twitter.com/3XSUMdoRjR
— Yassine Benyettou (@Yassine_Benyett) February 17, 2026
Cette soirée a ravivé les tensions entre mouvances radicales, à deux jours d’un meeting de La France insoumise dans le centre-ville, qui devrait être placé sous haute sécurité.



















