EXCLUSIF. La non-assistance à personne en danger est au cœur d’un drame survenu à Blagnac. Trois jours d’agonie, un silence intrigant et une mise en examen. Une enquête a été confiée à un juge d’instruction toulousain.
Elle est soupçonnée d’avoir laissé son compagnon agoniser durant trois jours sans intervenir et son conjoint a finalement succombé à ses blessures. À Toulouse, ce vendredi 8 mai 2026, une femme a été mise en examen pour « des faits de non-assistance à personne en danger à la suite d’une chute survenue le 27 avril », précise le parquet de Toulouse.
Ce drame, sur fond d’alcoolisme et de tensions régulières, s’est noué à Blagnac, dans la banlieue toulousaine. Tout démarre le 27 avril 2026 lorsque, dans des circonstances troubles, un homme de 46 ans chute. Inconscient puis très affaibli, il reste au sol, incapable de bouger. Son amie, âgée de 47 ans, ne réagit pas alors qu’elle se trouve à ses côtés. Les jours passent et, malgré l’état critique de la victime qui ne s’alimente plus, elle n’alerte aucun secours.
L’alerte donnée après une confidence au médecin
Le tournant survient au bout du troisième jour. Le 30 avril, la quadragénaire se serait enfin rendue chez son médecin traitant pour des motifs personnels. Au cours de la consultation, elle aurait livré un récit alarmant de la situation vécue au domicile depuis trois jours. Le praticien lui aurait alors recommandé de prévenir les secours en urgence. Cette discussion aurait servi d’électrochoc. Ce n’est qu’après cet échange que la résidente aurait pris conscience du danger, puis appelé les pompiers.
Lors de la prise en charge de cet homme, les secouristes sont pessimistes. Il était encore en vie au moment de son admission aux urgences, mais son décès a été constaté quelques jours plus tard. Aurait-il pu être sauvé ? Selon nos informations, sa prise en charge tardive, combinée à une hypothermie sévère, lui aurait été fatale. Des analyses complémentaires sont en cours pour déterminer les causes exactes de la mort.
Il aurait refusé son aide
Quelques heures après ce tragique dénouement, la femme a été placée en garde à vue. Inconnue des services de justice, cette dame originaire de Polynésie a pleinement coopéré avec les enquêteurs. Selon ses déclarations, elle aurait vécu ces trois jours à côté de lui sans intervenir. D’après la version de cette dame, la victime aurait expressément refusé qu’elle l’aide à se relever, à manger et à boire. Cette femme admet toutefois ne pas avoir assez insisté face à la gravité de l’état de santé de cet homme. Pensait-elle que les blessures étaient si graves ?
Sa version de l’histoire doit être confrontée aux témoignages par les policiers. Les voisins n’auraient rien entendu malgré les fragilités connues du couple. À ce stade, aucun élément n’indique de violences conjugales entre les deux amants. Des auditions complémentaires seront organisées prochainement, alors que le dossier va être transféré à un juge d’instruction de Toulouse.
D’ici là, la mise en cause « a été placée sous contrôle judiciaire » par le juge des libertés et de la détention (JLD), précise le parquet.
Que risque-t-elle sur le plan judiciaire ?
Ce drame rappelle la sévérité de la loi : le Code pénal punit la non-assistance à personne en danger de cinq ans de prison et 75 000 € d’amende. Cette obligation ne vous impose toutefois aucun acte d’héroïsme inconsidéré car l’assistance ne doit comporter aucun risque pour votre propre intégrité ou celle des tiers. Dans la majorité des situations, le simple fait de contacter immédiatement les services d’urgence (15, 17, 18 ou 112) permet de remplir pleinement votre devoir légal et de protéger une vie sans vous exposer au danger.












