Deux ans après l’ouverture du nouvel hôpital de Saclay, le bilan financier est jugé préoccupant par la chambre régionale des comptes. Un rapport publié mi-mars 2026 pointe l’endettement du Groupe hospitalier Nord-Essonne et sa stratégie après la crise sanitaire.
Près de deux ans après l’ouverture du nouvel hôpital de Saclay, le Groupe hospitalier Nord-Essonne (GHNE) fait face à une situation financière jugée « fragile » par la chambre régionale des comptes d’Île-de-France. Dans un rapport publié le 17 mars 2026, l’institution pointe les conséquences financières de la réorientation du projet hospitalier après la crise sanitaire.
Créé en 2018 après la fusion des hôpitaux d’Orsay et des Deux-Vallées, le GHNE couvre un bassin de 670 000 habitants dans le Nord de l’Essonne. Le projet initial prévoyait une centralisation de l’offre de soins autour du nouveau site d’Orsay, sur le plateau de Saclay, pour assainir les finances.
Mais après la crise sanitaire, la direction a revu ses plans. Les urgences de Juvisy-sur-Orge et de Longjumeau ont été maintenues, contrairement à ce qui était prévu. Ce dernier s’est même doté d’un hôpital de proximité.
Une stratégie réorientée et des finances fragilisées
Cette nouvelle orientation n’a pas été validée officiellement par le conseil de surveillance, signale la chambre régionale des comptes. « L’effet de long terme de cette réorientation sur les finances n’a pas été anticipé. Ni l’offre de services de l’hôpital de proximité, ni le devenir du site de Longjumeau ne font l’objet d’une vision d’ensemble », déplore le rapport.
Pire : la chambre régionale des comptes écrit que « l’économie de dépenses escomptée de 43 millions d’euros par an est devenue un surcoût de deux millions d’euros ». Elle souligne également qu’« il manque au groupe hospitalier un plan d’adaptation à la réorientation stratégique de 2024 ».
Le coût de construction du nouvel hôpital d’Orsay, ouvert en juin 2024, pèse lourdement sur l’avenir. L’endettement commence à « assécher toute capacité à autofinancer de futurs investissements », selon l’institution.
Au global, le GHNE a enregistré un déficit de trois millions d’euros en 2021 puis de 11,7 millions d’euros en 2022. Le retour à un résultat positif en 2023, avec +2,8 millions d’euros, a été obtenu grâce « à la progression des subventions et des aides en trésorerie versées par l’agence régionale de santé », selon le rapport.
Le plateau de Saclay ouvre de nouvelles perspectives
La chambre régionale des comptes souligne toutefois plusieurs effets positifs liés au nouvel hôpital d’Orsay. Selon elle, « l’implantation d’un nouvel hôpital sur le plateau de Saclay en juin 2024 a déjà permis au GHNE d’augmenter son activité ».
Le rapport évoque aussi le développement de collaborations scientifiques avec le Commissariat à l’énergie atomique, AgroParisTech et l’Université Paris-Saclay. Ces partenariats pourraient renforcer certaines spécialités comme la médecine nucléaire, la nutrition ou la psychiatrie.
La chambre régionale des comptes formule enfin six recommandations. Elle demande notamment de faire adopter officiellement la nouvelle stratégie de l’établissement et d’adapter l’offre de soins « aux besoins des étudiants » du plateau de Saclay.















