Ce mardi, un dossier hors norme s’est invité à la barre du tribunal de Toulouse. À peine un mois après sa sortie de cellule, Warren a de nouveau croisé la route des forces de l’ordre, et pas de n’importe quelle manière. Sa trajectoire folle sur le périphérique, à plus de 216 km/h, soulève une question cruciale : comment un homme sous contrôle judiciaire a-t-il pu prendre de tels risques ?
Alors que la procureure s’insurge contre la récidive et réclame un retour immédiat en prison, la défense joue son va-tout. Entre une analyse sanguine qui contredit les premiers tests de cocaïne et l’argument d’une « consommation passive » de cannabis due à un ami sur la banquette arrière, la stratégie est risquée. Le tribunal doit maintenant trancher : s’agit-il d’une erreur de parcours ou d’une provocation fatale ?
Devant les juges, Warren est un homme nonchalant. Ce mardi, devant les juges, le jeune homme de 22 ans au survêtement noir s’exprime en peu de mots. Et il ne choisit pas les bons. « Vous ne semblez pas très concerné par votre avenir », s’étonne le président du tribunal correctionnel de Toulouse. Pourtant, derrière le volant, le Toulousain a un autre tempérament, plus nerveux. Le 26 mars, sur le périphérique toulousain, il a été contrôlé à 216 km/h.
Sur cet axe limité à 90 km/h, la Golf a attiré l’attention du radar mobile des policiers. Les agents se sont lancés à sa poursuite, au nord de Toulouse. Warren s’est arrêté sans faire d’histoires. Sur la banquette arrière, un de ses amis enfume encore l’habitacle avec un joint lorsqu’ils sont contrôlés. Il est verbalisé. Le conducteur est positif au cannabis et à la cocaïne. Il jure ne jamais avoir touché à la poudre blanche. Les analyses sanguines lui donnent raison. En revanche, des traces de cannabis sont retrouvées.
« La cocaïne ? Une erreur absurde »
Warren sortait tout juste de prison. Son sursis avait été révoqué après un précédent contrôle routier au cours duquel il circulait sans permis. Il a été libéré en février. La procureur peine à cacher son exaspération face à ce prévenu qui fait déjà son retour devant le tribunal. Elle requiert 16 mois d’emprisonnement, dont 8 fermes avec mandat de dépôt. L’avocat du prévenu, Me Brice Zanin, dénonce les « contrevérités » avancées par la représentante du parquet. Il est catégorique : son client n’a consommé aucun stupéfiant. La cocaïne ? « Une erreur absurde », tranche-t-il, en s’appuyant sur les analyses sanguines. Quant au cannabis, la défense évoque une simple exposition passive aux fumées du passager installé à l’arrière du véhicule.
« Vous connaissiez les risques ! »
« Il ne reste donc que l’excès de vitesse que vous pouvez lui reprocher, qui est passible de trois mois d’emprisonnement. Et vous le savez, une peine ferme de six mois ou moins doit en principe être aménagée, sauf impossibilité « , lance-t-il.
Les juges écartent finalement la consommation de cocaïne, mais retiennent celle de cannabis. « Vous avez embarqué des amis dont vous saviez qu’ils consommaient cette substance. Vous connaissiez les risques… », rappelle le président à Warren. Le jeune homme est condamné à seize mois de prison, dont huit mois fermes aménagés sous bracelet électronique. Il devra également travailler ou suivre une formation. « La balle est désormais dans votre camp. La moindre infraction pourra vous conduire dans le box », lui glisse le président.















