Dans l’agglomération toulousaine, la demande de logements sociaux continue de progresser fortement, selon un rapport de la chambre régionale des comptes Occitanie, révélé ce mardi 19 mai. Malgré une production en hausse, l’offre reste insuffisante.
La demande de logements sociaux explose dans la grande agglomération toulousaine, mais l’offre peine toujours à suivre. C’est le principal constat dressé par la chambre régionale des comptes Occitanie dans une enquête menée entre 2019 et 2024 sur le logement social dans le Grand Toulousain, et rendue publique ce mardi 19 mai.
L’étude s’appuie sur le contrôle de cinq intercommunalités regroupant 114 communes, soit près de 1,1 million d’habitants. Quatre bailleurs sociaux représentant 66% du parc social examiné.
Une demande en forte hausse
Depuis 2019, la demande de logements sociaux a bondi de plus de 30%. En 2024, près de 55 000 ménages ont déposé un dossier. « Une hausse directement liée à l’attractivité du territoire et à l’augmentation de la population », selon Olivier Pages, président de la première section de la chambre régionale des comptes Occitanie.
Pour répondre à cette pression, les intercommunalités, aussi appelées EPCI, ont accéléré la construction de logements sociaux avec un objectif d’environ 3 000 nouveaux logements par an. Un effort destiné à rattraper le retard historique du territoire en la matière.
Une offre qui reste insuffisante
Malgré cette hausse de la production, l’offre reste largement insuffisante face à la demande. En 2023, une attribution de logement était réalisée pour près de cinq demandes, contre près de trois en 2019. La situation est freinée par le manque de rotation dans le parc existant. « Avec plus de 86 000 logements sociaux sur le territoire toulousain, les locataires déménagent peu une fois installés, limitant ainsi les possibilités d’attribution », précise Patrice Ros, vice-président de la Chambre régionale des comptes Occitanie.
Le rapport souligne aussi une inadéquation entre l’offre et les besoins des demandeurs. « Les logements de petite taille comme les T2 manquent. Alors que les personnes seules représentent 31% des demandes », rajoute Olivier Pages.
Autre problème : les logements sociaux restent inégalement répartis selon les communes. Certains territoires, pourtant fortement concernés par la demande, disposent encore de trop peu d’offres.
Des finances sous tension
La chambre régionale des comptes pointe également des moyens financiers jugés insuffisants pour répondre à la crise. Les aides locales à la pierre atteignent 45 millions d’euros, soit moins de la moitié des financements accordés par l’État. Dans le même temps, les bailleurs sociaux voient leur situation financière se dégrader. Principalement sous l’impact de la hausse des coûts du foncier, des matériaux de construction et des taux d’intérêt.
Les publics les plus fragiles pénalisés
Les difficultés d’accès au logement social touchent particulièrement les ménages les plus fragiles, normalement prioritaires. Ces publics n’ont pourtant bénéficié que de 26% des attributions, une proportion inférieure aux objectifs fixés au niveau départemental.
Les délais d’attente continuent également de s’allonger : il faut désormais en moyenne 16 mois entre le dépôt d’une demande et l’entrée dans un logement.
L’enquête révèle également une tendance à privilégier les personnes déjà insérées dans le marché du travail. Les demandeurs sans emploi ne représentent que 17% des attributions.
Un système d’attribution devenu complexe
Enfin, la chambre régionale des comptes souligne la complexité du système d’attribution des logements sociaux. Les bailleurs doivent composer avec de nombreux critères de priorité, répartis en 14 catégories différentes. Entre les objectifs de mixité sociale, les contraintes financières et la multiplication des profils prioritaires, les choix deviennent de plus en plus difficiles.
Ilona San













